« George Kaplan » de Frédéric Sonntag (2012)

Le rire aujourd’hui au théâtre, dans un texte de théâtre, est (devenu) difficile, les procédés littéraires « comiques » étant éculés, nombres d’auteurs ayant essayé d’écrire par exemple « à la manière de » (d’un prédécesseur « comique ») s’étant cassés les dents, le problème étant justement de n’écrire comme personne.

Le premier objectif de Frédéric Sonntag, écrivain sans pareil, n’est pas « de faire rire », mais l’on rit beaucoup dans sa pièce (au moins au début) (ce qui est rare).

Acte 1 : Les (cinq) membres d’un groupe d’agitateurs en herbe (terroristes ?) se disputent (sur le mode : « Faut-il voter à mains levées ou à bulletins secrets pour savoir s’il faut voter ») au sujet de la définition et de la vocation de leur groupe dénommé « George Kaplan » (du nom du héros du film : « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock). Leurs buts ? La révélation des failles de l’industrie culturelle par l’élaboration de canulars médiatiques. Acte artistique ou acte politique, ils œuvrent à la mise sur pied d’un mythe : « George Kaplan » et à la prolifération d’impostures signées du même nom partout à travers le monde en vue de l’élaboration d’une fiction cherchant à s’imposer parmi les autres fictions dominantes. Aux fins de garder l’anonymat et de ne permettre à personne de remonter à la source d’une action ou d’une décision (« Nous ne serons donc personne contre toutes les assignations à devenir quelqu’un. ») (prémonition du mouvement « Nuit Debout ! »), ils s’interpellent les uns et les autres du même prénom de George. Dans le même temps qu’ils s’abreuvent de bière et de café, ils ne cessent de s’apostropher, de remettre en question ce qui a été décidé la veille, de se dédire et de se contredire. Soudain, la police (BRI ou GIGN ?) fait une descente et met un terme à la réunion !

Acte 2 : Dix ans plus tard, les mêmes forment un groupe de scénaristes triés sur le volet par un mystérieux et inquiétant client. Très nerveux du fait des enjeux, des coûts financiers, de la compétition régnant entre eux et des menaces qui pèsent sur eux, ils réfléchissent à des concepts de scénarii au sein desquels un certain George Kaplan doit apparaître. Désespéré (suite à la séparation avec sa femme), l’un des scénaristes sort son arme, abat ses collègues, quitte la pièce et se tue…

Acte 3 : Dix ans plus tard. Dans une salle de réunion très froide et très moderne, appartenant aux services secrets d’un gouvernement indéterminé, l’interrogatoire d’un homme, ligoté sur une chaise, filmé en vidéo, est conduit par des agents secrets (les mêmes entre 50 et 60 ans) (se plaignant au passage du goût du café). Le gouvernement est menacé. Un fameux « George Kaplan » inquiète. Est-ce un virus ? Un nom de code pour enlever le président ? Une arme ? Une… poule ? Alfred Hitchcock serait à l’origine et à la tête du complot. Les suspicions convergent vers un suspect – un « monsieur-tout-le-monde » qui connaît des problèmes et qui vit actuellement dans une chambre d’hôtel. L’homme apparaît. Il découvre la caméra, la fixe du regard. Noir.

Chez Les éditions Théâtrales.

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