« Inflammation du verbe vivre » d’après « Philoctète » de Sophocle mise en scène Wajdi Mouawad (2016)

Que tente Wajdi Mouawad dans son spectacle « Inflammation du verbe vivre » d’après « Philoctète » de Sophocle ?

Même si cela peut paraître pompeux de le dire ainsi, d’être (parmi d’autres) (à l’instar de ses précédents spectacles) un continuateur d’Euripide, de Sophocle, d’Eschyle, autrement dit un auteur metteur en scène antique d’aujourd’hui, non à la manière par exemple de Sarah Kane (« L’amour de Phèdre ») ou à celle de Krzysztof Warlikowski, qui sont respectivement une auteure et un metteur en scène (magistraux) qui « divisent », mais un auteur metteur en scène qui rassemble, autrement dit : auteur metteur en scène antique d’aujourd’hui fé-dé-ra-teur.

Certes, la tentative peut paraître parfois pêcher par trop de « simplisme » (« Philoctète expliqué pour les nuls ») ou de « caricature » (lorsque par exemple le spectacle s’épanche sur la première cause de mortalité chez les jeunes aujourd’hui : le suicide), mais la démarche n’en est pas moins louable, et courageuse. Pour fédérer (et se faire comprendre du plus grand nombre), le théâtre antique lui-même n’usait parfois pas moins de lignes de forces « réductrices ».

Wajdi Mouawad est un récitant, un conteur, un raconteur (il le revendique ainsi). La langue (le verbe et la poésie) délivre. En mettant ses pas dans ceux de ses grands prédécesseurs, il aspire à porter à son tour cette Parole fédératrice et émancipatrice.

Par les entrelacs qu’il tisse avec la vidéo, se faisant également magicien et réalisateur d’effets spéciaux, il nous invite à retrouver notre âme « d’enfants ».

Avec humour et autodérision souvent, le procédé très ingénieux (à la mode d’Ulysse) permet à l’auteur-metteur en scène-interprète de crever l’écran, de passer de vie à trépas, de visiter l’Hadès, de parler aux Morts, de rencontrer Louise Labé, Jorge Luis Borges, Zeus, Athéna… et de quérir les réponses aux questions qui le tourmentent : la vie vaut-elle d’être vécue ? Que signifie le verbe vivre ?

Actuellement à La Filature, Scène nationale – Mulhouse.

avec Dimitris Kranias, Wajdi Mouawad ; texte Wajdi Mouawad, publié aux éditions Leméac-Actes Sud-Papiers, librement inspiré de Philoctète de Sophocle, mise en scène : Wajdi Mouawad assisté d’Alain Roy, assistante à la mise en scène tournée : Valérie Nègre ; dramaturgie : Charlotte Farcet ; scénographie : Emmanuel Clolus, musiques originales : Michael Jon Fink ; réalisation sonore : Michel Maurer ; lumières : Sébastien Pirmet ; costumes : Emmanuelle Thomas ; son, régie son : Jérémie Morizeau ; plateau : Marion Denier, Magid El Hassouni ; régie plateau : Marion Denier ; machiniste : Thomas Jourden ; régie lumières : Gilles Thomain ; régie vidéo : Olivier Petitgas ; image, son, montage : Wajdi Mouawad ; fixing : Adéa Guillot, Ilia Papaspyrou ; traductions : Françoise Arvanitis ; assistance image, traductions : Vassilis Doganis ; assistance montage vidéo : Dominique Daviet.

Production : La Colline – Théâtre National ; Coproduction : Au Carré de l’Hypoténuse-France ; Abé Carré Cé Carré-Québec compagnies de création ; Mons 2015-Capitale Européenne de la Culture ; Theatre Royal, Namur. ; Le Manège Mons ; Le Grand T Nantes théâtre de Loire-Atlantique.

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