« Le dieu du carnage » de Yasmina Réza, mise en scène de Georges Guerreiro (2016)

Le théâtre est le lieu où l’on voit, cela peut être également le lieu où l’on parle (le lieu de l’art – de l’inventaire des situations – de la parole).

Interprété par Marie Druc, Barbey Carine, Vincent Bonillo et Valentin Rossier (que l’on avait déjà vu dans un spectacle approchant : « Qui a peur de Virginia Woolf ? »), « Le Dieu du carnage » mis en scène de Georges Guerreiro est un « théâtre du colloque » ou de la conciliation.

Dans un domicile privé (celui du couple Houillé : leur salon, un mur de lumière – design -, une table basse, sur la table un livre d’art ouvert, un bouquet de tulipes, autour de la table quatre fauteuils), deux couples (le père de la victime vendeur grossiste d’appareils ménagers, la mère auteure sur le Darfour ; le père de l’agresseur… est avocat, la mère travaille dans une grande entreprise) partagent un litige : leurs enfants respectifs Ferdinand et Bruno se sont battus ; dans la bagarre Bruno a été défiguré, il a perdu deux dents.

Pour la réunion de conciliation, la distance réglementaire entre les fauteuils a été strictement respectée.

Très vite le colloque dérape. D’abord, à tout instant l’interrompent de multiples appels sur le téléphone portable du père (odieux goujat continuant de gérer ses affaires en public et à distance) de l’enfant agresseur.

A son tour, le père de la victime reçoit des appels de sa mère, puis la mère de la victime un coup de fil de sa fille.

Lors d’un premier puis d’un second moment d’exaspération, les téléphones portables finissent leur itinéraire dans l’eau du vase des tulipes…

Comme les enfants, les parents se montrent irré-conciliables. Après quelques courtes paroles de politesse, le ton monte. Piques et sarcasmes fusent, les uns se montrant plus odieux que les autres. Les couples eux-mêmes se fissurent et finissent par s’entre-déchirer. Le salon du couple Houillé finit en véritable champ de bataille puis en champ de ruines (scènes de vomissements suivies de séances de nettoyage au sèche-cheveux, etc.).

La réunion s’achève, la conciliation n’a pas eu lieu…

Drôle, efficace, féroce. On y rit beaucoup.

Au Théâtre De l’Orangerie Genève du 23 août au 8 septembre 2016

Actuellement à la Grange de Dorigny de Lausanne jusqu’au 29 octobre 2016.

Texte : Yasmina Reza ; Mise en scène : Georges Guerreiro ; Distribution : Marie Druc, Carine Barbey, Valentin Rossier, Vincent Bonillo ; Scénographie : Christian Gregori ; Collaboration artistique : Vincent Babel ; Lumières : Jonas Bühler ; Création son: Jean-Alexandre Blanchet ; Régie son: Loane Ruga ; Costumes: Nathalie Matriciani ; Habilleuse: Florence Magni ; Maquillages: Katrine Zingg ; Coproduction : Baraka /Théâtre de l’Orangerie.

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