« Tasmanie » de Fabrice Melquiot (2007)

Candidat aux prochaines élections présidentielles, Conrad Cyning, premier ministre, dicte son discours à sa secrétaire (Souad Arpelinge, 25 ans) : « Ce pays, je ne l’appellerai plus jamais France. » (Son projet consiste à débaptiser le pays pour l’appeler : « Tasmanie »). Il ne dira plus jamais non plus : « Peuple » mais : « Population ». Pendant la dictée, le vétérinaire aide la chienne du premier ministre à mettre bas : elle meurt. Le prochain chien du premier ministre s’appellera : « Parole ». Pour remporter les élections, le premier ministre se fait épauler par Ponce Bakery, un douteux personnage. Pour l’édifier à l’exercice du pouvoir (et lui délivrer une leçon de stoïcisme ?), ce dernier lui raconte le supplice de Robert-François Damien. Né en 1715 près d’Arras et mort le 28 mars 1757 à Paris, Robert-François Damien fut la dernière personne, en France, à subir l’écartèlement pour avoir tenté d’assassiner le roi Louis XV. Pendant ce temps, la femme du premier ministre, Claire Cyning, se rend au chevet de son premier mari (mourant) Jean Dorfail (60 ans). Souad Arpelinge (la secrétaire) s’occupe de leur fils commun Normand (issu de Claire Cyning et de Jean Dorfail) malade et attardé mental. Pour se faire obéir de lui, elle lui montre ses seins. Confident et coach du premier ministre, Ponce Bakery dope Conrad Cyning en vue de la campagne électorale. En guise de pastiche du « Maître et Marguerite » de Mikhail Boulgakov ? le premier ministre reçoit également la visite du Diable. Au cours d’une crise d’hallucination, Conrad Cyning tue le vétérinaire Michail Aubier d’un coup de couteau dans la gorge parce qu’il le juge responsable de la mort de sa chienne. Suite au repas de famille entre Conrad, Claire et Normand, après que le Diable eut terminé de galvaniser l’armée (?) (un chœur de chiens), les enfants du couple ministériel (de leur famille recomposée) : Clara de Ménéhand (20 ans), le manchot Garry Anatole Lesage (20 ans) et Normand (débile) se perdent dans les couloirs labyrinthiques du palais (« qui sont aussi vastes que les anciennes colonies »). Afin de lancer les recherches, la campagne s’interrompt puis reprend sous l’impulsion du Diable. En l’absence de Normand, Conrad et Claire Cyning se prêtent à une séance de photographies électorales chez Jean Dorfail (qui accepte l’exercice pour les besoins de la cause). Au Palais de l’Elysée, le Président de la République, Herbert Fabre-Sangue, devise sur la politique en compagnie du premier ministre en jouant avec lui à la pétanque sur le parquet « trouant le sol par-ci par-là ». Leurs sbires, Ponce Baker et le Diable, échangent leurs vues sur la stratégie à suivre auprès des médias. Tandis que Claire Cyning perd tout contrôle d’elle-même, le carnet des gens très connus, destiné à remplacer la tombe du soldat inconnu, est livré à son domicile. Conrad Cyning fait un tabac en prime-time à la télévision. Les jeunes gens égarés sont retrouvés puis dévorés par le chœur de chiens. Claire Cyning est morte d’inquiétude. Les sbires du premier ministre, Ponce Bakery et le Diable, sûrs de la victoire de leur champion, font bombance en mangeant du raisin. Un grand désordre s’installe. Conrad Cyning viole Souad pour lui faire un enfant normal… Tous les concurrents à la Présidence de la République approchent. Humilié par le premier ministre pendant le direct, l’interviewer de Conrad Cyning se pend (son corps balancera jusqu’à la fin de la scène au bout d’une corde). La tension monte. L’annonce des noms des deux candidats retenus pour le second tour est imminente. Placée devant Conrad Cyning par les résultats, Marie Sainte-Vulve crie victoire. L’ex-président Herbert Fabre-Sangue se pend. Tout semble perdu pour Conrad Cyning. ll cède à la panique et s’indigne de se voir seulement deuxième. Par dérision, cynisme et ironie, Jean Dorfail, son mentor, lui recommande de faire des pets et de péter son prochain discours en vue du second tour. Le débat de l’entre-deux tours commence. Les allocutions des deux derniers candidats sont très courtes : Marie Sainte-Vulve parle manucure, Conrad Cyning fait des pets. L’heure de vérité approche. Proposées par l’auteur, trois fins sont possibles. Premièrement : le chien devenu géant dévore Conrad Cyning. Deuxièmement : Marie Sainte-Vulve, victorieuse, adopte le chien et les trois enfants spectraux sanglants. Troisièmement : Conrad Cyning et Marie Sainte-Vulve se disputent au café pour la garde du chien. Ils décident de se mettre en couple. Les enfants spectraux ensanglantés entrent et les abattent dans le café…

Chez L’Arche Editeur.

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