« The Fountainhead » d’Ayn Rand, mise en scène Ivo van Hove (2016)

« The Fountainhead » (« La source vive ») d’Ayn Rand, mise en scène Ivo van Hove.

Ivo van Hove : grand maître de l’intrication, de l’imbrication, du fondu enchaîné.

Prenez un espace très vaste : un bureau d’architecte par exemple, avec plusieurs postes de travail. Une scène n’est pas terminée que la suivante est déjà démarrée (et inversement).

Dans « The Fountainhead », Ivo van Hove ne procède pas autrement (dans la première partie surtout). A peine une scène s’achève-t-elle que le protagoniste change de poste de travail, à un autre endroit du plateau (figurant un autre lieu : la cuisine de la mère d’un des architectes, le salon d’un de ses amis) où un autre partenaire l’attend, sans qu’aucune modification de lumière, parfois même sans qu’aucune variation de jeu des comédiens n’interviennent ; comme si ces derniers ne poursuivaient qu’une seule et même grande conversation (un seul et même grand roman) ; ce qui crée un spectacle d’une très grande fluidité.

Les moyens utilisés par Ivo van Hove, comme à l’accoutumée, sont monumentaux. Dans une première partie, un open space : un bureau d’étude d’architecte ; dans une seconde partie, un appartement dans un building new-yorkais ; dans une dernière partie, l’imprimerie d’un grand journal.

« The Fountainhead » (« La source vive ») fait l’apologie de l’individu, de l’acte créatif et de l’art contre l’avis communément admis (créateur versus parasite) de l’attitude altruiste collective.

De cette primauté de l’individu sur le collectif, on retrouve des conceptualisations chez Hegel (dans « Principes de la philosophie du droit »), chez Hannah Arendt (dans « Le Totalitarisme »), dans un livre méconnu de Julien Benda (« La France Bysantine ») ; mais également dans : « Vie et destin », chef d’oeuvre du XXème siècle de Vassili Grossman (par exemple au chapitre 52. A la veille de son départ au combat, le colonel Novikov est traversé par une pensée qui n’est pas du tout bolchevique : du constat de la diversité entre les hommes – quand le bolchevisme au contraire prêche l’uniformité : « Un seul objectif détermine le sens des grands conglomérats humains : gagner le droit d’être dissemblables, de sentir, de penser, de vivre chacun à sa manière. C’est dans l’homme, dans sa modeste particularité, dans son droit à cette particularité que réside le seul sens, le sens véritable et éternel de la lutte pour la vie. »)

« The Fountainhead » (« La source vive ») : une des principales pièces à voir actuellement à Paris au Theatre odéon ateliers Berthier jusqu’au 17 novembre 2016.

Avant départ en tournée au Stadsschouwburg d’Amsterdam, LG Arts Center de Séoul, National Theater de Taipei.

Mise en scène Ivo van Hove ; dramaturgie Peter van Kraaij ; Scénographie, lumière : Jan Versweyveld ; Musique : Eric Sleichim ; costumes : An d’Huys ; vidéo : Tal Yarden ; avec Robert de Hoog, Janni Goslinga, Aus Greidanus jr., Hans Kesting, Hugo Koolschijn, Ramsey Nasr, Frieda Pittoors, Halina Reijn, Bart Slegers et les musiciens de Bl!ndman [drums]

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