« Le poète aveugle » de Jan Lauwers (2015)

« Le poète aveugle » de Jan Lauwers (créé en 2015, toujours en tournée en 2017 : voir ci-après) n’est pas un spectacle racontable au sens de certains spectacles « racontables », parfois même – trop.

Dans un récit qui mêle à la fois Homère, Abû al-‘Alâ al-Ma‘arrî, poète arabe aveugle des Xe-XIe siècles, Wallada bint al Mustakfi, poétesse de l’an 1000,

se côtoient…

Une femme, revisitant le Nô, le Kabuki ou un rite hindou, en costume traditionnel indonésien exécutant un pas de danse sur un tableau de Breughel devant un rideau de projecteurs faisant lui-même un ballet éblouissant le public…

… Un croisé, descendant de l’homme médiéval, faisant un réquisitoire contre les ceintures de chasteté tandis qu’une catapulte géante transporte le cadavre d’un cheval…

… L’homme cryogénique (le viking) dégageant de ses vêtements un nuage de fumée tandis que son épouse relate son histoire devant un chœur de Sisyphe attelé à rouler un tapis de danse…

« Le cannibale est celui qui détruit tout ».

… Un cowboy muni de sa guitare country dans sa lumière de cabaret relatant son histoire devant deux tours en bois totémiques, armées de perches, qui se battent en duel….

… Le bonimenteur en complet jaune et au nez de clown (noir), qui arrête les oiseaux en plein vol, une force de la nature priapique faisant scander son récit par des accords de rock..

… Le danseur tunisien musulman, parlant arabe, qui a le sourire et le corps les plus beaux du monde, qui reçoit un appel sur son téléphone portable en plein show avant d’exécuter sa danse hip-hop devant une structure gonflable (une hydre ? Une cellule de cancer ?) géante.

Quand on a dit tout ça,
on n’a rien dit…

Avec flamboyance, iconoclastie, hétérogénéité, diversité, discordance, hybridation (et souvent esprit élisabéthain), « Le poète aveugle » brosse sept portraits dans un théâtre cérémoniel et rituel qui forme autant de mythologie personnelle de chaque interprète, un composite de multiculturalisme, de cosmopolitisme, de tradition et d’hyper-modernité.

Aux Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon, les 7 et 8 mars 2017
Au Théâtre du Vrijthof Maastricht le 16 mars 2017
A La Rose des vents de Villeneuve d’Ascq du 25 au 27 avril 2017
CPH STAGE 2017 Copenhagues, le 31 mai 2017
Kaaitheater Bruxelles les 9 et 10 juin 2017
Southbank Centre London le 8 août 2017

Texte, mise en scène, images : Jan Lauwers ; Musique : Maarten Seghers ; Avec : Grace Ellen Barkey, Jules Beckman, Anna Sophia Bonnema, Hans Petter Melø Dahl, Benoît Gob, Maarten Seghers, Mohamed Toukabri ; Costumes : Lot Lemm ; Assistante à la mise-en-scène & dramaturgie : Elke Janssens

Une production de Needcompany ; Coproduction : Kunstenfestivaldesarts, KunstFestSpiele Herrenhausen, FIBA ‐ Festival Internacional de Buenos Aires, Künstlerhaus Mousonturm.

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