« Mayday », mise en scène de Julie Duclos (2017)

Les mises en scène de Julie Duclos ne se font pas à grand renfort de testostérone, non, elles sont plutôt exigeantes (d’aucuns se souviennent sûrement de son beau et subtil spectacle « Nos serments » d’après « La maman et la putain » de Jean Eustache en 2014). Oui, « Mayday », plus encore que le précédent, exige du spectateur, et c’est bien.

A quoi assiste-t-on dans « Mayday » ?

Principalement à deux choses.

A un théâtre-cinématographique (est-ce possible au théâtre ?) (son spectacle précédent était tiré d’un scénario) : décor de cinéma (une maison à étage délabrée) (sans doute le talon d’Achille du spectacle), tournage en direct sur le plateau, éclairages de cinéma, jeu cinématographique, musiques de films, maillage de voix directes et de voix off, usage du flash-back.

Après la scène du prologue : une femme dans son salon se demande si elle va accepter de donner une interview ; menée par les techniciens-journalistes du spectacle, l’interview a lieu : l’image est projetée sur un écran en fond de scène ; la pièce dans son entier consiste en un rétropédalage (flash-back) : lorsqu’elle avait onze ans, une enfant a tué deux enfants. Après l’exécution de sa peine de prison, des journalistes la retrouvent adulte et lui demandent des explications.

Au niveau de l’enfant d’abord, puis de la mère, puis de la grand-mère (à la manière d’une Atride féminine), on remonte la chaîne des responsabilités.

Du point de vue de la mise en scène (également du point de vue des spectateurs), la pièce consiste donc à la fois en une enquête (quasi-policière) (d’où l’attention « exigée ») et une immense reconstitution (le récit des meurtres et la chaîne des responsabilités sont reconstitués).

Au cours de ces deux mouvements croisés, les personnages témoignent, revivent leur passé en même temps qu’ils rôdent (fantômes).

Peut-être l’intrigue pêche-t-elle par trop de « légèreté » (paradoxalement d’ailleurs puisque la mort est très présente dans ce spectacle, et un des non-dits de la pièce est l’inceste), « Mayday » est peut-être aussi un peu moins concentré, un peu plus dissolu et éparpillé que le spectacle précédent (du fait d’une scénographie envahissante : les personnages y semblent comme noyés),

Le travail de Julie Duclos mérite d’être soutenu car il n’en demeure pas moins estimable.

Il reste encore une soirée pour aller le découvrir au cdn de Besançon.

Et l’on se prend à s’impatienter de découvrir le suivant.

Prochaines dates « Mayday »:
Le 14 avril 2017 au CDN Besançon Franche-Comté
du 26 au 28 avril 2017 au CDN Orléans/Loiret/ Centre
du 10 au 13 et du 16 au 18 mai 2017 à la La Comédie de Reims
Mai 2017 au Théâtre Dijon Bourgogne – Festival théâtre en mai

MayDay de Dorothée Zumstein, mise en scène Julie Duclos.

avec : Maëlia Gentil, Vanessa Larré, Marie Matheron, Alix Riemer, Bino Sauitzvy ; avec les voix de Guy-Patrick Sainderichin, Dorothée Zumstein, Calypso Baquey, Krishna Levy, Aaron Taylor, David Houri et Philippe Duclos ; scénographie : Hélène Jourdan ; lumières : Mathilde Chamoux & Jérémie Papin ; musique : Krishna Levy ; chorégraphie : Bino Sauitzvy ; vidéo : Quentin Vigier ; son : Quentin Dumay ; costumes : Marie-Cécile Viault ; assistanat à la mise en scène : Calypso Baquey ; régie plateau : Marie Bonnemaison ; régie son : Lauriane Rambault ; régie générale : Mathilde Chamoux

Production : Cie l’In-quarto ; coproduction : La Colline – Théâtre National, CDN de Haute-Normandie, Théâtre Dijon Bourgogne Centre Dramatique National, CDN Besançon Franche-Comté, CDN Orléans/Centre-Val de Loire, Célestins, Théâtre de Lyon.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s