ORLAN

Artiste plasticienne française (née en 1947 à Saint-Etienne), vit et travaille à Paris, New York et Los Angeles.

(Ces artistes qui se portent atteinte)

« Le Drapé-le Baroque » (1979-1986) ; « L’Origine de la guerre » (pendant du célèbre tableau de Gustave Courbet, « L’Origine du monde ») ; « La Réincarnation de sainte Orlan », « Omniprésence » (novembre 1993) ; « Ceci est mon corps…Ceci est mon logiciel… » ; « Le plan du film » (2001) ; « Self-hybridations » (1998-2002) ; « Le Manteau d’Arlequin » (2012)

France-Culture en 2012 : « Métamorphose du corps, du visage, de soi. Métamorphose et hybridation sont les paradigmes d’ORLAN. D’emblée, elle impose l’art comme subversion des pressions sociales, religieuses qui font violence au corps, en particulier celui de la femme. Alors « ORLAN s’accouche d’elle-m’aime ». Et elle investit la totalité des champs artistiques : séries photographiques, mode, sculpture, peinture, vidéo, film, et dès le début, l’art de la performance, toujours renouvelé.

Elle pose son corps comme mesure étalon en Mesu-Rages d’institutions – Centre Pompidou, Guggenheim de New-York, Musée Andy Warhol de Pittsburgh …. Elle est Sainte ORLAN, en drapés baroques et variations multiples, Skaï and sky and video, ou Madone en assomption sur vérin pneumatique …, exhibant un sein nu hors la cage de l’habit religieux. Elle distribue le « Baiser de l’artiste », performance aux portes de la FIAC, scandale en 1977, en vedette en 2009 dans l’exposition « Elles Pompidou » du Musée national d’art moderne à Paris.

En 1992, son « Manifeste de l’art charnel » pose son esthétique comme code de déontologie : pour subvertir les standards de la chirurgie esthétique imposés aux femmes, ORLAN se lance dans une série d’interventions-performances pour « mettre de la figure sur son visage ». Contre la douleur soi-disant rédemptrice, elle revendique le « corps plaisir ». Et elle poursuit la création d’autoportraits en « ready-made modifiés » avec ses Self hybridations : l’artiste euro-stéphanoise se fait aussi précolombienne, africaine ou amérindienne….à l’infini.

Puis elle expérimente les biotechnologies dans un laboratoire australien où elle fait réaliser une hybridation de quelques cellules de son propre corps. Sous son « Manteau d’Arlequin » – métaphore de tous les croisements – selon les préceptes du texte « Laïcité » de Michel Serres, à sa manière ORLAN donne son corps d’artiste à la science. Sa chair s’est faite verbe, plus que jamais, elle cherche à ôter le Boeuf sur la langue. Matériau de création, devenu son « logiciel », son corps est un lieu de débat public où se posent les questions les plus cruciales de notre temps.

Sa constance dans la subversion radicale force l’admiration, vu le nombre de scandales qui ont secoué une trajectoire artistique née dans l’offensive féministe post 1968. « Héroïque » commente Loran Hegyi, directeur du Musée d’Art moderne de Saint Etienne métropole lors de la rétrospective présentée dans sa ville natale en 2007. Il suffit de vouloir la saisir entre deux performances, colloques ou expositions aux Etats-Unis, en Australie, en Colombie ou en Afrique du Sud pour constater le rayonnement international de son héroïsme subversif.

« C’est que l’art doit changer le monde », dit ORLAN « et c’est là sa seule justification » ».

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s