Sophie Calle

Artiste française (née à Paris en 1953).

Elle exposera « Histoires vraies » au Théâtre Vidy de Lausanne du 4 mai au 23 juin 2017.

Retour sur plusieurs de ses principales pièces :

« Filatures parisiennes » (1978) : Elle enregistre ses premières filatures d’inconnus au sein de carnets intimes où s’accumulent méthodiquement photographies et notes manuscrites.

« Les Dormeurs » : du 1er au 9 avril 1979, elle invite 28 personnes à venir dormir chez elle. Textes et photos témoignent de l’expérience dans un livre.

« La Filature » (avril 1981) : Elle demande à sa mère d’embaucher un détective privé et de lui demander de suivre sa fille. Elle expose ensuite le travail du détective : photos d’elle et descriptif de ses allées et venues. Elle met en parallèle le récit de ses journées qu’elle a écrit quotidiennement.

« Les Aveugles » (1986) : Elle rencontre des aveugles de naissance. Elle leur demande ce qu’est pour eux l’image de la beauté.

« Douleur exquise » (2003) : En 1984, elle part au Japon pour trois mois en laissant en France l’homme qu’elle aime. Ils ont prévu de se retrouver à New Delhi mais il ne viendra pas. De retour en France elle décide de raconter cette douleur, ce n’est qu’en 2003 qu’elle publie le texte. « Douleur exquise » se présentait en trois volets : « Avant la douleur », « Lieu de la douleur », « Après la douleur ».

« M’as-tu vue » : du 19 novembre 2003 au 15 mars 2004, elle s’expose au Centre Pompidou. Manifestation d’envergure qui propose de réunir des travaux anciens comme « Les Dormeurs » (1979), peu montrés en France, et un important corpus d’œuvres nouvelles, telles que « Douleur exquise » (1984-2003) et « Unfinished » (2003), créées pour l’événement.

« Prenez-soin de vous » (2007) : A la Biennale d’art de Venise, elle transforme le pavillon français en un atelier d’écriture et d’interprétation où 107 femmes répondent à leur manière à un email de rupture qui lui était initialement adressé. « J’ai reçu un email de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots: ‘Prenez soin de vous’. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à 107 femmes, choisies pour leur métier, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel », écrit-elle dans son texte de présentation. Le 9 juin 2006, elle passe une petite annonce dans la presse française pour recruter le commissaire qui l’aidera à monter son projet dans le pavillon français de la 52e édition de la Biennale d’art contemporain (10 juin-21 novembre). Sur les 200 candidatures reçues, ce sera celle de l’artiste français Daniel Buren qui sera retenue. Ensemble, ils vont monter « Prenez soin de vous », travail de photos, vidéos et textes de 107 femmes autour de cet email de rupture.

« Rachel, Monique » (2010) : Exposition en hommage à sa mère morte. Elle dissémine dans les moindres recoins des sous-sols du Palais de Tokyo des vidéos, des photos, des objets et des textes, dont les dates de réalisation s’échelonnent entre 1990 et 2010. Ils se relient les uns aux autres comme un puzzle, telles les bribes d’un récit fragmentaire. Plus qu’un dernier hommage, il s’agit d’une narration où la fille tente de surmonter la nouvelle de la maladie, puis la mort et l’absence de la mère. Survient le moment le plus douloureux du récit et de l’exposition : l’instant de la mort. Sophie Calle choisit de l’affronter et tente de le fixer, sous la forme d’un texte intitulé « Pas pu saisir la mort » et de la vidéo « Maman ». On aperçoit dans cette dernière le visage de la mère, en cadrage serré, sur le lit où elle finira ses jours. Des proches chuchotent et contrôlent ses dernières respirations. La situation est représentée sans impudeur. Le dernier mot prononcé par la mère, « souci », est ensuite décliné sur tous les supports imaginables (aluminium, papier, plomb, feutre, porcelaine, etc.). Accroché aux murs, posé au sol, sur des tables de travail, sur des chariots, il envahit littéralement l’espace pour mieux exprimer l’indéfectibilité du souvenir.

« Rachel, Monique » (du 07 au 28 juillet 2012) : Exposition programmée dans le cadre du Festival d’Avignon 2012 à l’Église des Célestins. Pour apporter de la nouveauté à cette exposition créée à Paris en 2010, elle décide de lire les journaux intimes que sa mère lui a légués sans lui dire ce qu’elle devait en faire. Ainsi, dans une alcôve on peut voir Sophie Calle (elle n’est présente que quelques heures par jour et de façon impromptue) en train de chuchoter les 20 années de journaux intimes de sa mère. Seule contrainte imposée : finir l’intégralité de la lecture avant la fin du festival.

Du 4 mai au 23 juin 2017, elle exposera « Histoires vraies » au Théâtre de Vidy de Lausanne. Présentée sur les cimaises du foyer du théâtre, « Histoires vraies » est une autobiographie fragmentée constituée de courts textes auxquels sont liés une photographie. Davantage qu’un récit de soi, une invitation à composer avec le ballet des désirs et des événements imprévus qui font la vie : « Quand ma mère est morte, j’ai acheté une girafe naturalisée. Je lui ai donné son prénom, et je l’ai installée dans mon atelier. Monique me regarde de haut, avec ironie et tristesse. » Sophie Calle

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