« Le jour d’après » Hong-Sangsoo (2017)

Hong-Sangsoo prend un malin plaisir à nous perdre dans la chronologie de son film « Le jour d’après », aux travers les méandres de son scénario, mais également au fil des convulsions psychologiques de son personnage principal, un homme marié qui peine à assumer et à avouer à sa femme (qui l’interroge dans une scène d’anthologie dès l’ouverture du film) qu’il a une maîtresse. A chaque nouvelle scène, nous nous demandons à quel moment de l’histoire, et même, les deux jeunes actrices (la maîtresse et la nouvelle recrue, d’un jour, de la maison d’édition) se ressemblant, face à quel personnage féminin, nous nous situons ?

Comme lors de son précédent « Un jour avec, un jour sans » (2016) (le réalisateur très prolifique que l’on présente comme le Rohmer coréen, mais que l’on pourrait tout aussi bien qualifier de Marivaux du XXIe siècle) Hong-Sangsoo, dont les mouvements de caméras – les zooms ou les pivots – sont très souvent ostensibles, réalise « un cinéma de colloques ».

Les personnages se réunissent pour deviser (colloquer) par paires ou par trio, de leurs sentiments, de leurs états d’âme, le plus souvent autour de tables : tables de petits déjeuners pour l’interrogatoire matinal de l’épouse trompée ; tables de bars ou de restaurants (l’on boit beaucoup – jusqu’à l’ivresse – et l’on mange fréquemment dans les films d’Hong-Sangsoo) lorsque la maîtresse (à juste titre) accuse son amant de lâcheté ; tables de salon, avec tasses de café afférentes, pour les scènes de rencontre, voire de cour, de la nouvelle employée par son patron – ou lors des demandes énergiques d’éclaircissements de la part de l’épouse bafouée sur l’identité de la maîtresse de son mari (dans une scène d’apogée du film lorsque la recrue qui n’y est pour rien se retrouve en position plus que délicate entre la femme et son mari, par ailleurs son récent employeur) ; tables de salon au bureau encore, lorsque le couple illégitime humilie la recrue (engagée depuis le matin même) en lui signifiant son congé (tandis qu’au cours de la scène précédente il la conjurait de rester) pour cause de retour au bureau de la maîtresse du patron … ; la même table de salon enfin pour l’épilogue du film lorsque le patron et la nouvelle recrue (que l’homme ne reconnaît pas !!!) rejoue, non plus seulement «  le jour d’après » mais quelques mois plus tard, une scène similaire à une scène d’introduction du film (comme une variation du même thème) (tropisme du réalisateur) …

En noir en blanc (ce qui occasionne quelques très belles images).

Actuellement sur les écrans.

https://www.youtube.com/watch?v=ouo2Nne0o24

Jour d'après

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