Tala Madani

D’origine iranienne, Tala Madani est née à Téhéran en 1981. Elle vit et travaille actuellement à Los Angeles.

Il est rare ici de se faire caisse de résonance de la peinture (dont le genre peut paraître « désuet »). Parmi d’autres, les toiles de Tala Madani font exception. On distingue chez elle une signature qui transcende les genres et les époques, une indéniable modernité jointe à une certaine catégorie de souffrance, une volonté d’exutoire sous l’apparente naïveté et le côté élémentaire des croquis (flirtant avec la caricature). C’est bien l’alliage entre l’apparente simplicité des silhouettes et la violence des scènes représentées qui font la force et la modernité de cette œuvre.

À la fois provocatrices et humoristiques, les peintures de Tala Madani dépeignent des personnages exclusivement masculins, dont la nudité dévoile des corps tout en chair. Énigmatiques, ils n’ont pas d’identité, ni de regard, à peine un visage, et se livrent à des scènes étranges dont la signification échappe au spectateur. Car l’artiste ne livre aucune clé de compréhension pour appréhender son œuvre. Au contraire, elle semble vouloir livrer des peintures figuratives dont le sens, abstrait et indéchiffrable, devient le principal intérêt de sa création.

Par le biais de la figure masculine, Tala Madani entend décrire et étudier les rapports de pouvoir. C’est par l’humour et la crudité des scènes qu’elle dépeint, que l’artiste souhaite dénoncer le mode de vie patriarcal encore en vigueur en Iran, son pays d’origine. L’artiste confronte l’homme à son propre reflet, tout en interrogeant son identité sexuelle. Fascinée par la figure masculine, Tala Madani ne fait que reproduire inlassablement les mêmes corps, les mêmes contours, flous et informes. Des ensembles colorés qui prennent forme au sein de décors sombres et lugubres. L’univers que l’artiste s’est créé est inquiétant. Peuplé de créatures aussi énigmatiques qu’étranges, le monde intérieur de Tala Madani se veut représentatif des sociétés machistes et misogynes.

Les toiles représentent des personnages masculins sans âge, qui se livrent à des rites irrationnels mêlant des excréments et de l’argile. Représentés à l’état primitif, ces personnages sont dénués de toute intelligence et dominés par leurs pulsions sexuelles. Représentés sur un fond unicolore, les personnages sont schématisés, grotesques et décervelés. Ils rient à l’absurdité de la scène dans laquelle ils sont pris.

Son style s’apparente si l’on en croit les spécialistes, à une forme d’expressionnisme pictural, qui incarnerait un retour à la peinture figurative. Peintes à l’huile, les œuvres se distinguent par leur humour noir et leurs coups de pinceaux vifs et expressifs. L’œuvre de Tala Madani explore plusieurs thématiques : le désir, le corps et les pulsions. Dans ses peintures, tout est sujet à la violence et aux pulsions qui l’obsèdent. Comme un exécutoire, le médium artistique devient pour l’artiste, un moyen d’exprimer les tabous de la société de type patriarcale dans laquelle elle a grandi, entre frustration sexuelle, autorité paternelle et homophobie. À 36 ans, Tala Madani a déjà été récompensée par de nombreux prix. Elle vient de participer à la  Whitney Biennal de New York de mars à juin 2017.

 

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