Wim Delvoye

Né à Wervik, Belgique, en 1965.

WD : Je suis un garçon et je n’ai pas honte de ce qui me constitue : la science, les camions, les voitures, les maquettes, aussi un peu le côté agressif. Et je n’utilise jamais le corps féminin. Sauf dans les vitraux. Mais la plupart du temps, j’explore la scatologie : le colon et l’estomac. Comme sujet, et comme métaphore, la sexualité m’intéresse moins que la digestion. Je suis plus intéressé par des thèmes qui unifient. Dans les années 1990, le travail des artistes femmes abordait un nouveau sujet : leur sexualité. Ce séparatisme quasi institutionnalisé des années 1990 me choque. C’est le politiquement correct : tout d’un coup, dans l’après-guerre froide, en l’absence d’ennemi, les gens ne pouvaient plus se ranger derrière un drapeau. Ce n’était plus les Etats-Unis de Mickey Mouse. Tout le monde devait alors s’inventer une identité. Il y a eu tellement de bons projets sociaux qui servaient à camoufler une pauvreté visuelle… L’art n’est par définition pas bon moralement. Je n’ai jamais cru qu’il fallait justifier par l’art de sa bonté de cœur ou de son intelligence.

Question : En quoi, est-ce important de montrer cette négativité dans l’art, ce mauvais esprit ? En quoi cela nourrit-il votre travail ?

WD : C’est une manière plus efficace de critiquer le monde. Je suis celui qui, comme Jésus, embrasse Judas. J’embrasse le négatif.

L’œuvre :

Des planches à repasser, peintes avec de la laque pour représenter des boucliers héraldiques traditionnels en 1990 ; plusieurs cages de but devenues les cadres de magnifiques vitraux, via l’utilisation de techniques vieilles de plusieurs siècles et représentant des sujets variés allant des scènes de cuisine aux paysages belges, des prêtres aux armoiries. Bétonnière : projet monumental (1990-1999) création d’un camion Nissan grandeur nature taillé dans le teck dans un style flamand baroque du 17esiècle. Exploration du Gothique. Remorque (2007) longue de 22 mètres et haute de 4,6 mètres, une bétonnière posée sur la remorque d’un deuxième camion de taille supérieure.

En 2000, avec l’aide d’un radiologue et de plusieurs amis consentants, photos « radiologiques » de couples exécutant différents actes sexuellement explicites.

Premiers tatouages sur des cochons en 1992. Utilisation du célèbre logo de Louis Vuitton, sur plusieurs de ses peaux, lui vaudra ses premiers ennuis judiciaires.

Cloaca Original (2000) : une série de machines imite le système digestif humain. Les logos des différentes machines se basent sur de célèbres logos tels que Coca-Cola et la compagnie fruitière Chiquita…

https://wimdelvoye.be/

 

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