« Ce qu’est l’art » Arthur Danto (2013)

Jamais à l’arrêt, jamais à l’avant-garde non plus, toujours à remorque de la pratique des artistes, l’Esthétique en tant que discipline de la philosophie ne cesse de progresser.  Contrairement à ce que des théoriciens alarmistes ou pessimistes ont annoncé, la mort de l’art n’est jamais advenue et elle n’adviendra jamais. Dans le sillage d’autres philosophes et d’autres critiques majeurs de la théorie de l’art (George Dickie, Nelson Goodman, etc.), c’est ce qu’Arthur Danto montre dans son dernier ouvrage « Ce qu’est l’art » paru l’année de sa mort en 2013. L’Esthétique est bien l’une des matières et l’un des territoires les plus importants de la pensée actuelle. Cette pensée, dans le sillage de la pratique des artistes, met toujours plusieurs années à se constituer. Mais elle y parvient toujours. La recherche des critères premiers de la définition de l’art ne cesse de s’accomplir.

Comme tant d’autres théoriciens de l’art avant lui, prenant appui sur les œuvres et les pratiques artistiques de deux artistes majeurs de l’histoire de l’art au XXe siècle (Marcel Duchamp et Andy Warhol, notamment les « Boîtes Brillo » d’Andy Warhol), Arthur Danto, en quelques pages réparties entre deux chapitres  (chapitre 1 : « Rêves éveillés », chapitre 6 : « L’avenir de l’esthétique ») tire deux ou trois enseignements majeurs en matière de définition de l’art.

« De quoi un objet a-t-il besoin pour être une œuvre d’art ? Existent-ils un ou plusieurs critères subsumant à toutes les œuvres d’art ? »  « Au cours des années 1960, on a peu à peu reconnu que tout pouvait être de l’art. Il n’y avait guère de différence, pour l’œil, [par exemple] entre une boîte Brillo de Warhol et les véritables Boîtes Brillo, conçues par James Harvey pour que les employés de Brillo puissent transporter leurs produits. Alors pourquoi ces dernières n’étaient-elles pas des œuvres d’art, si les boîtes produites par la Factory d’Andy Warhol en étaient ? Qu’est-ce qui expliquait la différence ? »

A partir de cet exemple, Arthur Danto conjecture deux ou trois leçons qui, pour être ténues, n’en sont pas moins essentielles (l’art, comme le génie, se loge dans les détails, dans les nuances et dans les sempiternelles infimes variations de toujours la même chose) :

1) Contrairement à que l’on a longtemps cru avant Marcel Duchamp et Andy Warhol, les propriétés primordiales de l’art ne se situent pas dans les propriétés visibles mais dans les propriétés invisibles des œuvres, 2) l’art consiste à fabriquer des significations, 3) Pour le dire « mieux », l’art est une idée incarnée dans un objet (le mot objet étant à prendre au sens large du terme…)

« Les œuvres d’art sont des significations incarnées »…

Arthur Danto 2

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