« L’épreuve du passeur », Leslie Kaplan (1988)

Au petit bar d’un centre culturel baptisé « L’atelier », Suzanne, la tenancière du bar, Anaïs qui se prostitue, Serge un ouvrier-tourneur, Jean le responsable du lieu, Lise, spectatrice venue voir un film au programme, puis fiancée de Jean, Sébastien, pilier du bar et M. André, se retrouvent quotidiennement et discutent pêle-mêle de sujets variés. Néanmoins, ils ne se rejoignent jamais, le fossé culturel entre eux est trop grand, Jean veut concilier tout le monde, mais il n’y parvient pas, les disparités culturelles et sociales sont trop importantes.  En dépit de ce qu’il affirme, le culturel n’aplanit pas les différences. Il y a quelques scènes d’anthologie : celle où Lise et Jean écoutent M. André, personnage qui a une opinion sur tout et qui sait tout, et qui finit par s’étouffer, seul, dans ses propres certitudes. Lise s’élève contre ces personnes qui « n’ont aucun point de vue » mais qui pourtant pérorent. Autre scène d’anthologie, la soirée mortelle d’ennui chez M. et Mme André. Faisant son coup d’éclat, Lise s’indigne que Sébastien et les autres n’ont que « des cadavres dans la bouche quand ils parlent ». Au final, Lise s’aperçoit que Jean (le passeur culturel) est devenu comme les autres : un être creux, une bouche vide, un rien…

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