« The way she dies » Tiago Rodrigues, Tg STAN (2017)

Il y a ce parler, cette élocution au niveau du discours, la foi en la conversation, cette prononciation intimiste, pas un mot au-dessus de l’autre (une seule fois exceptée) ; il y a cette foi dans le théâtre de parole, en la présence de l’acteur, dans le silence, dans l’écoute, dans les textes, en l’écriture, en l’amour du livre, en l’amour des grands livres, en la littérature, « Anna Karénine » de Léon Tolstoï ; il y a ces trois histoires entremêlées, l’histoire d’un couple (néerlandais) qui se sépare car il ne s’aime plus, celle d’un autre couple (portugais) qui a des projets de réhabilitation de leur logement mais qui se fissure parce que la partenaire tombe amoureuse d’un homme qui la conquiert en lui récitant un poème d’Apollinaire, celle du trio le mari, la femme, l’amant, du grand roman « Anna Karénine » ; il y a la grande scène lyrique, la rencontre de Vronski l’amant et Anna Karénine qui s’embrassent sur le quai de la gare, sous la neige (réalisée avec des moyens artisanaux) ; il y a peut-être aussi c’est presque certain l’hommage à la mère récemment disparue qui a transmis l’amour des livres, de la littérature et de leur transmission « By heart » ; il y a toujours cette simplicité, cet amour du plateau, de l’outil théâtral ; il y a ces changements de situations, de décor et des accessoires à vue ; à cour cette table symbolique du travail à table, du travail dramaturgique, du lieu d’où tout démarre, cette allusion au travail de répétitions, au théâtre laboratoire, ces entrées à vue depuis les coulisses, les partenaires en non-jeu sur le côté tandis que les autres sont en jeu, cette situation du théâtre dans le théâtre ; il y a cette rencontre de l’acteur avec son personnage, de l’acteur avec son texte, de l’acteur avec son partenaire ; il y a ce goût du théâtre artisanal, cet amour presque sentimental de l’outil théâtral, l’amour pour le travail bien fait (Cf « Le funambule » de Jean Genet), cette démonstration presque de théâtre ; pour finir il y a cet acte choral,  cette distribution de la parole à quatre voix reprenant le grand roman russe pour narrer « The way she dies » ; puis finalement il y a l’acte majeur, la virtuosité des comédiens dans leur capacité à passer d’une langue à l’autre, du flamand, au portugais, au français, pour mieux montrer l’universalité du théâtre, des thèmes abordés, des mythes, des grands livres et de la Littérature.

Il y a cette façon de mourir.

D’après « Anna Karénine » de Léon Tolstoï, tg STAN – Tiago Rodrigues Teatro Nacional D. Maria II
De et avec Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente De Keersmaeker, Frank Vercruyssen
Texte, Tiago Rodrigues ; Lumières et décor, Thomas Walgrave ; Costumes, Britt Angé, An D’Huys
Sous-titres, Joana Frazão ; Production tg STAN ; Teatro Nacional D. Maria II (Lisbonne) ; Coréalisation Théâtre de la Bastille (Paris) ; Festival d’Automne à Paris ; Spectacle créé le 9 mars 2017 au Teatro Nacional D. Maria II (Lisbonne) ; En partenariat avec France Inter.

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