Nathalie Béasse (rétrospective 1999-2020)

Il y a une vraie cohérence dans le travail de Nathalie Béasse, un univers visuel très fort, une grande unité. C’est toujours la même chose et en même temps jamais la même chose. Avec des tons chauds et des couleurs plutôt sombres, elle ne cherche pas à raconter des histoires, mais des lieux, des corps en lutte avec des espaces, des accessoires et d’autres corps. Immanquablement,  il y a une souffrance dans toutes ces histoires, dans toutes ces impossibilités à dire tout en le disant. A n’en pas douter, il y a un trauma, la douleur d’une absence, d’un manque qui cherche à se dire et qui se manifeste par un ou de multiples…

1999 : Trop-plein

Installée aux frontières de la danse, du théâtre, de la performance scénique et musicale, trop-plein nous plonge dans un univers onirique où le quotidien est bouleversé par un déluge.

Pour la création de trop-plein, l’élément aquatique est porté sur scène, évoquant  la condition humaine dans tout ce qu’elle a d’impalpable, de sensible, d’irrationnel et d’inconscient.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/trop-plein

 

2001 : Last cowboys

Cette pièce approfondit et affirme la démarche artistique de la chorégraphe où théâtre, danse et musique sont intimement liés. Les différents éléments scéniques sont nivelés et affirment leur égalité. Chacun d’eux est partenaire de l’autre, l’objet entre ainsi en jeu avec l’acteur, un adversaire à affronter, au même titre que l’espace ou la musique. Cette recherche confronte le corps du danseur à celui de l’acteur, la parole de celui-ci à celle du musicien. Nathalie Béasse essaie de mettre l’acteur/danseur en relation avec sa propre force ainsi qu’avec ses fragilités.

Ce spectacle se réfère au monde du travail, à son atmosphère, à celui des chantiers navals et aussi à l’univers cinématographique. Cette nouvelle création parle de la violence du quotidien et de sa poésie, de la pause après l’activité : un balancement entre le réel et le rêve, une échappatoire permanente.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/last-cowboys

 

 

2004 : Landscape

Landscape est composé de trois petites formes où acteurs, danseurs et musiciens se retrouvent dans un même espace, un même paysage. Un espace commun où se racontent les combats, les fragilités, les dérapages, les souvenirs de chacun. Ils s’arrêtent dans cet espace vide et bleu et nous livrent leurs paysages. Chaque forme, chaque duo, d’une durée de 15 à 25 mn, a été travaillé séparément de façon à pouvoir exister de façon individuelle.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/landscape

 

2005 : Doorstep

Pour ce projet in situ, Nathalie Béasse choisit cette fois d’investir des lieux non-théâtraux, de travailler sur les espaces entre les gens, sur les vides et les pleins qui les séparent. Évoquer dans ce lieu très concret et dans une proximité palpable, des états, des histoires de perte de mémoire, d’effacement. Donner une autre vision du lieu, pas avec du décor, mais seulement avec des déplacements, des sons, une lumière et surtout un film.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/doorstep

Béasse 2005 1

 

2005 : Goodnight

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/goodnight

2006 : Sunny

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/sunny

2007 : So sunny

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/so-sunny

 

2008 : Happy Child

« Je voudrais évoquer le rapport à la famille avec tous ses non-dits, sa brutalité face au silence, et puis le manque lié à l’absence, à la disparition de la figure du père et de la mère et paradoxalement à leur rejet.

Comment on se cache derrière des masques, comment on devient quelqu’un d’autre. Idée du masque, du simulacre. Comme des enfants. Instinctifs. Travailler vraiment sur l’instinct.

Une sorte de danse macabre en famille… » Nathalie Béasse

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/happy-child

 

2011 : Wonderful World

Wonderful World est né en travaillant deux jours dans une ancienne base sous-marine, le Life à Saint-Nazaire. J’y ai imaginé un homme qui venait de loin en courant pour nous annoncer quelque chose. Je suis très sensible aux espaces. J’écoute beaucoup “parler” les lieux, les architectures.

On pourrait dire que c’est un spectacle d’anticipation poétique.

Des hommes qui s’échapperaient de quelque part, d’une catastrophe, ou peut-être seulement d’eux-mêmes, de leur propre condition, de leur corps…

Un homme veut parler, il est empêché, un homme veut rire, il est empêché.

Ça commencerait comme un film, dans un espace entre le parking et le hall d’un vieux centre des congrès… Ils sont projetés à l’avant, très proches de nous, ils s’adressent à nous dans un temps présent, immédiat, dans une urgence.

« Pourquoi y sommes nous venus dans cette forêt, ce bois profond et sans soleil ? Pourquoi, vieux frère, avons-nous donc effrayé les hiboux et les chouettes ? Pourquoi les avoir dérangés ? Qu’ils vivent comme ça leur chante ! Ici tout est en ordre, vieux frère, comme ce doit l’être dans une forêt ». La Forêt – Alexandre Ostrovski

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/wonderful-world

 

 

2011 : Mes petites météorites – in situ 1

20 minutes de petites expériences bucoliques et mélancoliques autour d’un bâtiment et de son environnement végétal. Nathalie Béasse réunit six artistes (danseurs/acteurs/musiciens) pour découvrir autrement ce lieu.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-1#1

Béasse 2011 1

 

2012 : Mes petites météorites – in situ 2

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-2

2013 : mes petites météorites – in situ 3

Le pont qui mène nulle par

Un pont surplombant la plaine, trois arches de béton, des piliers… Seul au milieu de nulle part, entre le vieux Tremblay et l’aéroport, il fait figure d’OVNI, surréaliste et inutile. Il fut pourtant le décor d’une scène magistrale du film Pierrot le Fou, avec Jean-Paul Belmondo… Un lieu culte pour Nathalie Béasse :  » Météorites à Tremblay sera comme un hommage à Godard et à Pierrot… Nous irons chercher les émergences, les chutes autour de ce pont qui ne mène nulle part, pour retrouver les traces d’une histoire du cinéma…  »

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-3

2013 : Tout semblait immobile

Le public vient assister à une conférence autour du conte. Ils sont trois conférenciers, ils nous racontent, ils nous expliquent, puis tout commence à glisser vers la forêt.
Ces conférenciers entrent dans leur propre récit, et deviennent les personnages de leurs recherches littéraires. Chaque événement, produit par des chutes, ouvre la porte de l’imaginaire et nous fait entrer petit à petit dans un autre espace.
Depuis des années, je construis mes pièces comme des contes, avec des chapitres, passant du réel à l’onirisme…. Toute la mythologie, le rapport à l’enfance, qui se dégage de ces récits m’intéressent. Je m’attache plus à l’imagerie et à la symbolique du conte qu’à sa forme narrative.
Pour cette nouvelle pièce, je voulais partir d’un conte. En lisant plusieurs dizaines de contes d’époques et de pays différents, j’ai réalisé que je réduisais ce que j’avais envie de dire si je m’arrêtais sur un seul et même conte. Ce qui me plaisait c’étaient certaines thématiques auxquelles j’étais sensible et qui se retrouvaient dans plusieurs histoires : la fratrie, l’abandon des enfants, la forêt, les ogres, le passage à l’âge adulte, les espaces, Hansel et Gretel et autres petits poucets….
Les changements d’espaces, les traversées, le trajet pour aller d’un endroit à un autre, les chemins pour s’échapper…
J’ai donc créé mon propre conte.
Je veux déconstruire le conte, le transformer, échanger les rôles. Le burlesque est là dans ce regard : pourquoi ne serait-ce pas l’ogre qui laisserait des cailloux ?
Qui raconte ? Qui est raconté ? Nous allons perturber les codes de la narration.
Le narrateur sera aussi au centre de ma recherche. Je veux approfondir ce lien avec le public avec l’oralité, avec l’adresse publique.

Pourquoi tout semblait immobile ?
Ce titre est venu après avoir vu une vidéo (du même titre) d’un poète sonore vidéaste Philippe Poirier, et qui me suit depuis la création de Wonderful World. C’est juste avant la catastrophe, des gens, de la fumée, des pierres qui tombent, une femme, un homme, un quartier, une montagne. Ce poème est très visuel et rempli de matière minérale, il résonne très fort par rapport à mon travail, à ce que j‘avais envie de dire. Nous travaillons avant tout sur l’organique, tout part du corps, et de ce qui l’environne.
Ne jamais croire seulement ce que l’on voit, il y a autre chose derrière les images….
Cette création est une fois de plus produite par un ensemble de questions sur l’humain, sur son espace de vie, son rapport à l’autre. Avec les moyens de la scène, nous essayons de faire résonner ces questionnements, sans jamais imposer de réponses, mais faire vibrer notre perception.
Peut-on rire de nos peurs ? Qu’y a-t-il derrière la forêt ? Qui est l’ogre ? Pourquoi des cailloux ?…

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/tout-semblait-immobile

 

2014 : Roses

Note d’intention

« Roses » serait comme une fresque de Carpaccio ou de Piero de la Francesca, avec des histoires au premier plan (des batailles), et puis le regard se balade dans le tableau et rencontre d’autres histoires en deuxième plan (un homme seul près d’une grotte). Le spectateur agit avec son imaginaire sur le récit, qui n’est pas un récit conventionnel, mais plutôt des fulgurances, des fragments, des focus qui tous évoquent les rapports de Richard avec ses frères, sa mère…
Ici ce n’est pas la figure du monstrueux Richard qui est centrale, mais les autres et tout ce qui tourne autour, cette sordide histoire de famille, les rapports qu’entretient l’individu avec son milieu.

« Roses » est comme une expérience organique autour de Shakespeare et Richard III, c’est une expérience physique comme un marathon, où on tombe, on se relève, on éclate de rire et puis on pleure…

« Roses » est un montage de scènes où le tragique et le comique sont sur un fil tendu…
Ce texte est une matière de jeu à modeler, à expérimenter au même titre que le corps, que l’espace et toutes les matières qui habitent le plateau.

roses est aussi un questionnement autour de l’écriture de plateau, du théâtre, de sa construction, de l’espace de projection mentale. Plutôt qu’une adaptation, c’est une exploration du texte et de son univers.

Le texte sera parfois remplacé par du corps, par des silences, par des espaces vides.
Comme souvent, une image a présidé à la création : une immense table autour de laquelle est réunie toute la famille, la scénographie devient texte.

Après « Wonderful World » et « Tout semblait immobile », la parole acquiert dans Roses une importance nouvelle, elle ne se dépare pas de son caractère profondément plastique.

Comme un fantôme pourrait bien être Richard III lui-même, incarné à tour de rôle par les quatre acteurs masculins sur scène, comme pour mieux mettre en évidence qu’il est potentiellement en chacun d’entre nous, qu’il est un état de corps et d’esprit.  Nathalie Béasse.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/roses

 

 

2015 : Mes petites météorites – in situ 4

20 minutes de petites expériences bucoliques et mélancoliques autour d’un bâtiment et de son environnement végétal. Nathalie Béasse réunit pour la 3e fois dix artistes (danseurs/acteurs/musiciens) pour découvrir autrement ce lieu

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-4

2016 : Mes petites météorites – in situ 5

Plage de la courance – Saint-Marc la plage

La performance Mes petites météorites / in situ 5 aura pour écrin une côte sauvage près de Saint-Nazaire entre mer et terre. La puissance des éléments, les lumières, les perspectives et les couleurs des matières naturelles sont autant de points d’accroche pour s’arrêter, regarder, écouter. Pour développer l’instinct du lieu, laisser advenir les souvenirs comme des explosions, comme des fuites, des fulgurances, à l’image des failles du paysage. Par cette expérience sensible à vivre, toute la poésie de Nathalie Béasse se goûte pleinement dans cette invitation à la contemplation.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-5

2017 : Le bruit des arbres qui tombent

Le bruit des arbres qui tombent
des arbres qui tombent et l’homme qui tombe
le bruit qu’on n’entend pas, ou qu’on ne veut pas entendre
quatre personnes
peut-être d’une même famille, d’une même fratrie
ils viennent nous raconter chacun leur tour, un souvenir, une histoire, leur histoire
ils deviennent métaphores
les autres sont comme les passeurs, comme des âmes fantômes…

Théâtre des corps, des images, des sensations plus que des mots, Nathalie Béasse compose sur le plateau de véritables tableaux d’où surgit l’extraordinaire. Dans ce nouveau spectacle elle fait se croiser des trajectoires de vie pour tenter de construire une histoire commune, résoudre une énigme.

Aux côtés de quatre interprètes, Nathalie Béasse explore l’être humain, ses failles, ses secrets et aborde ses thématiques de prédilection comme la famille, l’intime, les débordements, les empêchements. A la fois léger et grave « Le bruit des arbres » qui tombent met à contribution les corps des interprètes mais aussi l’imaginaire du spectateur.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/le-bruit-des-arbres-qui-tombent

 

2019 : Histoire courte – in situ

Une OCCUPATION, c’est aussi la promesse d’habiter le théâtre autrement, de faire l’expérience d’un geste artistique quotidien. Ces histoires courtes prendront ainsi la forme de performances précédant chaque représentation. Des impromptus in situ de moins de trois minutes inventés dans l’instant présent, et qui permettront à chacun de composer son propre théâtre intérieur.

« Pour créer, j’aime l’idée de me perdre en forêt. D’un point de vue symbolique autant que perceptif, la forêt reste pour moi un véritable mystère. Une obscurité dans laquelle on s’aventure, les sens en éveil, et où le moindre bruit peut engendrer une histoire, où la peur et l’excitation gardent quelque chose de l’enfance. » Extrait de l’entretien avec Nathalie Béasse.

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/histoire-courte-in-situ

Béasse 2019 histoire courte

 

2019 : Aux éclats…

Création le 4 novembre 2019 au Quai – CDN Angers / Pays de la Loire

Premières intentions

Je vais continuer à creuser l’apparente intranquillité de l’humain, en prenant les mots au sens premier, et regarder ses « dérives », « ses failles », en travaillant sur le plein, le trop-plein…
En partant du corps, avec une grande confrontation à l’élément aquatique, nous irons vers l’onirisme, vers le mythe. Nous aborderons les « grands textes » mythiques.
Proche de l’installation, proche du cinéma, je continue à chercher un langage, à construire des histoires de gens, pour faire palpiter notre cœur.
Ils seront trois hommes à tirer les ficelles de cette histoire, trois sortes de « Buster Keaton ».
Les regarder tomber et se débattre à en mourir de rire, les regarder franchir les obstacles à en pleurer.

Une composition musicale accompagnera cette histoire, faite de catastrophes, de rebondissements, d’évènements. Ces obstacles seront des partenaires de jeu, il faudra continuer à avancer, à raconter malgré toutes ces chutes.
https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/aux-eclats

Béasse 2019 éclats

 

2020 : Mes petites météorites – in situ 6

Dans les alpilles

« Une promenade pas très loin de chez vous, dans les Alpilles
Vous vous arrêterez dans votre marche
Pour regarder, pour écouter
Ils surgiront, comme des souvenirs
Comme des explosions
Comme des fuites
Comme les failles d’un paysage ».
Nathalie Béasse

Béasse 2020

Accompagnée d’interprètes, danseurs et musiciens, Nathalie Béasse s’inspire d’un environnement extérieur, d’un espace qu’elle investit avec des corps, des sons, des textes, qui amènent le public à porter un nouveau regard sur un paysage, une architecture. Selon l’heure, selon la lumière tout se raconte différemment. Très inspirée par la matière cinématographique, elle travaille sur les profondeurs de champ, les hors champs, sur le cadre, avec les moyens du bord, sans technique. Tout doit être pris en compte. Jouer avec notre environnement, être dans l’hyper-observation de ce qui se dessine devant nous, un chemin, un buisson, un trou, un mur…

https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/mes-petites-meteorites-in-situ-6

 

 

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