« Le journal d’Anne Frank » Geneviève Pasquier, Nicolas Rossier (2019)

Si Anne Frank n’avait pas été déportée avec sa famille à Bergen-Belsen en 1945 et si elle n’était pas morte de typhus quelques mois avant la libération de son camp, elle serait certainement devenue la grande écrivaine qu’elle était déjà et que l’on pressent lorsqu’elle écrit son journal pendant sa réclusion avec sa famille et quatre autres personnes dans l’annexe de l’entreprise de son père à Rotterdam entre 1942 et 1944 dans l’intention de fuir la persécution nazie.

Les interprètes des trois adolescents réfugiés (Anne, sa sœur Margot et Peter) alternent entre le récit du journal d’Anne Frank partagé avec le public (son histoire, la présentation des membres de sa famille et ceux du personnel de l’entreprise de son père qui les ont aidés, ses pensées intimes, ses difficultés avec sa mère, ses engagements en faveur la paix, de l’émancipation des femmes, de l’égalité homme-femme…) et, habilement transposées dans le petit dispositif scénique – une petite structure en bois avec un jeu de portes, de trappes et deux escaliers croisés, des reconstitutions de scènes vécues par Anne et sa famille  : l’obligation du port de l’étoile jaune, les lois anti-juives, la convocation de la sœur par les nazis, les difficultés de vie collective dans un petit périmètre, l’interdiction de faire du bruit de 8 h 30 du matin à 17 h 30 le soir afin de ne pas être repérés par le personnel de l’entreprise, les leçons, les devoirs, les scènes de bombardements, l’éducation sexuelle, la découverte des sentiments amoureux envers Peter…

Dans un jeu continuel d’exploration des possibilités offertes par le petit décor (images de rétroprojecteurs, jeux de trappes, jeux de portes), le spectacle prend appui surtout sur la vitalité des comédiens, notamment celle de la jeune interprète d’Anne qui dépense une vraie énergie avec parfois l’absolutisme des enfants-adolescentes qui, bien que vivant dans un espace confiné et promise à la mort, est pleine de joie, d’étonnement, de rages, d’espoir, de colères, de gaieté, de pulsions de vie…

Vie brusquement fauchée un certain 4 août 1944, le jour de son arrestation.

« Le journal d’Anne Frank », d’après Anne Frank l’intégrale, édité sous les auspices de l’Anne Frank Fonds, Bâle. Traduit du néerlandais par Philippe Noble et Isabelle Rosselin. Éditions Calmann-Lévy

Mise en scène : Geneviève Pasquier, Nicolas Rossier ; Adaptation : Geneviève Pasquier ; Scénographie : Geneviève Pasquier, Jean-Marie Mathey, Laurent Magnin ; Lumière : Laurent Magni ; Musique: François Gendre ; Costumes : Cécile Revaz ; Voix : Jacqueline Corpataux, Guillaume Prin, Yann Pugin Geneviève Pasquier, Niklaus Talman, Nicolas Rossier ; Violon et alto : Laurence Crevoisier

Avec : Laurie Comtesse, Judith Goudal, Yann Philipona

Production : Centre dramatique fribourgeois – Théâtre des Osses ; avec le soutien de: Programme Culture&École de l’État de Fribourg et de ses partenaires la BCF – Loterie Romande – TPF

 

 

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