« L’année de Richard » Angélica Liddell (2004)

Comme tout monarque (?) en phase d’avènement, Richard est laid, bossu, il fait fuir les enfants. Il menace de dévorer leur crâne. A l’image de Jésus, il lave les pieds de l’antéchrist, le prophète. Dictateur en devenir, il promet de brûler tous les livres. Avant son couronnement, il assiste en dilettante aux défilés militaires. Il édifie son programme, perfectionne son idéologie, fomente son coup d’état, vomit la démocratie. En bon tyran, il se nourrit de viande de cheval. Il apostrophe les politiciens, dévoile son programme. Il veut devenir président démocratique génocidaire. Comme tout bon monarque, il se meurt ou bien il se sent malade. Bien que alité, il se mesure à Dieu. Il prépare son discours à destination du peuple en s’inspirant de la parole divine. Il se mesure également à ses grands prédécesseurs, à Hitler (« Il tenait des listes entières d’hommes à assassiner »), à Lénine… Il distribue des ordres à son régiment d’espions. Il veut éliminer les écrivains, mais auparavant il veut connaître leurs noms, ceux des écrivains juifs surtout. Il prévoit de les jeter à la mer. Pourquoi non ? Les chiliens l’ont bien fait. Il projette d’emmener tous les écrivains en avion et de les jeter à la mer. Il projette de devenir écrivain lui-même, écrivain humble. En lisant le poème « Si c’est un homme » de Primo Lévi et en traitant l’auteur de fils de pute, il se mutile. Il foule aux pieds les champs de bataille jonchés de milliers de cadavres. Il soliloque devant Catesby son confident dépourvu de langage. Réunissant en lui tous les stéréotypes de l’absolutisme, il se livre à la débauche en compagnie de petites putes asiatiques. A leur égard également, il se montre despotique. Pour susciter la pitié, faire œuvre de charité et donner une preuve d’humanité, il se rend à l’hôpital et adopte une orpheline sans jambes. Il admoneste ses troupes. Il ne devrait plus avoir à donner des ordres ! Ses soldats devraient être aptes à présumer ses désirs. Hitler ne donnait aucun ordre. Hitler n’a pas ordonné la solution finale. Ses militaires devinaient ses intentions. Le tyran Richard somme ses armées de prendre des initiatives et d’anticiper ses désirs ! Les spectres d’enfants hantent son sommeil. Promis à être traîné en justice, il prépare sa défense. Elle est pathétique. Il cherche à se disculper de tous ses crimes. Acquitté, il devient professeur honoris causa à l’université. A présent, il se vouera à la littérature et à la culture.

Il écrira…

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