« Tout le ciel au dessus de la terre. Le syndrome de Wendy » Angélica Liddell (2012)

Wendy est venue à Shanghai pour être seule et se sentir étrangère. Dans le monde tel qu’il est, elle ne veut pas devenir mère. Elle préfère « les enfants sans enfant ». Elle trouve obscènes ces parents qui déballent les photos de leurs enfants pour les montrer aux autres. Elle est l’éternelle insatisfaite : « Il y en a qui se contentent du possible. Moi, même l’impossible ne me satisfait pas ». Elle ajoute : « Mon travail consiste à examiner ma souillure et la souillure dont les autres sont faits. » Dés lors, elle démasque les comportements hypocrites : « Je ne travaille pas pour l’argent ? » et lève le lièvre de toutes les contradictions : « J’agis pour le bien d’autrui ? » Elle demande aux mères d’aller se faire enculer : «  Une fois qu’elles ont enfanté, elles sont mères à toute heure. » Mères gardiennes du troupeau, du groupe, du collectif et de la communauté, elle s’en méfie. A ses yeux, la souffrance est la norme. Ce qu’elle ne comprend pas, ce qui n’est pas normal : c’est le bonheur. L’incapacité qui est la sienne d’envisager le bonheur provient de sa mère et de son enfance. Désormais, elle n’aime pas voir les gens dans le bonheur. Elle fait un rejet épidermique du bonheur qui se trouve autour d’elle. Devenue misanthrope, elle ne supporte plus personne. Elle préfère être seule. Elle aime, veut aimer. Elle parle d’amour. Mais elle veut aimer d’un amour véritable, non béat, non par habitude : « Aimer c’est se sentir abandonné à chaque instant. », non confortable : « Le véritable amour est toujours sexuel. » Son amour est maladif. Elle souffre du syndrome de l’abandon (syndrome qui fera également l’objet de sa pièce suivante). « Dès que j’aime, je me sens abandonnée. » Monstre d’amour, elle se déclare prête à tuer par amour. Elle se défie de la bonté en général et des soignants en particulier. Tous ces gens qui viennent au secours des autres lui semblent suspects. Les mères par exemple. La vie qu’elles nous ont donnée lui semble un poids beaucoup trop lourd à porter. Elle questionne : en quoi ceux qui rendent service aux autres sont-ils plus dignes que les autres ? Le spectacle de la souffrance (la visite de son père à l’hôpital par exemple) lui donne plutôt des envies de se masturber. Elle n’aime pas les personnes, ces femmes, ces mères, pétries de bons sentiments. Elle n’accorde pas la moindre foi dans qu’on appelle la beauté intérieure. Plutôt que d’être approchée par des « saintes », elle préfèrerait être baisée par un enfant au sexe brusque et irréfléchi ou tchater sur internet avec des pervers sexuels. N’en déplaise à qui veut, elle a fait la rencontre de pervers sexuels sympathiques sur internet… Ou plutôt préférerait-elle encore se rendre en compagnie de son père incestueux sur l’île d’Utoya *

* L’île d’Utoya : lieu de l’attentat du 22 juillet 2011 perpétré par Anders Breivik qui fit 77 morts et 151 blessés.

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