« L’établi » Robert Linhart (1978)

Le monde du travail à la chaîne et le mouvement de grève sont décrits de manière concise, factuelle et quasi-chirurgicale. « L’établi » s’ouvre sur une description prodigieuse de la chaîne et crée d’incroyables analogies entre le monde du travail tayloriste au sein d’une entreprise néolibérale et la vie en camp de travail, voire en camp de concentration sous le régime nazi, jusqu’au moment, non fortuit, où l’auteur nous révèle sa judéité… La réduction de l’individu-travailleur à moins que rien, sa négation en tant qu’être humain, son ravalement à une simple fonction interchangeable, la division extrême du travail (jusqu’à l’absurde parfois), l’ouvrier malléable et corvéable à merci, l’hyper-hiérarchisation de l’entreprise, l’organigramme, les horaires, les cadences, le chaud, le froid, l’exposition des ouvriers à de nombreux produits toxiques, causes de maladies professionnelles non reconnues, tout dans ce roman-témoignage fascinant semble ramener au temps de Zola…

Photo : Robert Linhart

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