« Combat de nègre et de chiens » Bernard-Marie Koltès (1979-1980)

Un pays de l’Afrique de l’Ouest.

Un chantier de travaux publics d’une entreprise étrangère.

Horn chef de chantier 60 ans
Alboury Noir mystérieusement introduit dans la cité
Léone une femme apporté en ces lieux par Horn
Cal, ingénieur 30 ans.

Cité entourée de miradors et de palissades.

I

Horn et Alboury

Alboury Noir vient récupérer le corps de son frère Noir tué.

Il parle modestement, révérencieusement.

Il réclame le corps au nom de sa mère et du village.

Horn concède que l’affaire est terrible mais il veut immédiatement se disculper. Un malheureux camion.

Il ne veut pas de suite à cette affaire.

Il propose de faire justice lui-même. Le conducteur sera puni.

Horn veut aussi innocenter l’entreprise.

Il veut passer l’éponge : « Ce n’était qu’un Noir ».

C’était même peut-être la faute du Noir.

Horn affirme qu’il a paré à tous les accidents et l’entreprise aussi.

Ce que Horn veut, c’est enterrer l’affaire.

Il ajourne la demande d’Alboury : à savoir, la remise du corps.

Selon Alboury, la mort du Noir, qui était pauvre, est peut-être une opportunité pour la famille : une bouche de moins à nourrir.

Horn l’invite à approcher et à boire un coup. On amadoue le Noir avec de l’alcool.

Les deux personnages tentent de s’apprivoiser en dépit du cadavre qui les sépare.

Horn, avec un brin de « flatterie », s’enquiert de son hôte.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a eu un mort Noir sur le chantier.

Horn veut qu’on tourne la page, comme d’habitude, et qu’on n’en parle plus.

D’habitude, les suites d’un mort sur le chantier sont expéditives.

Il fait la remarque que les Noirs s’appellent tous « frères » entre eux.

Horn promet un dédommagement à la famille.

C’est parce que la demande d’Alboury est toute simple et obstinée qu’elle dérange.

Cette simple demande met Horn mal à l’aise.

Il justifie sa nervosité par la présence de sa femme sur le chantier.

Pour dissimuler son malaise, Horn parle de ses petits soucis domestiques.

Il y a des gardiens au haut des miradors qui pourraient tirer sur Alboury.

Alboury se compare à une chèvre vivante dans le repaire d’un lion.

Alboury est le corps de l’intranquillité dans le camp du chantier.

Pour noyer le poisson, Horn évoque ses problèmes conjugaux.

Horn veut attirer Alboury dans la lumière, mais Alboury refuse.

La présence d’Alboury lui cause une inquiétude. Horn passe du coq à l’âne.

Il a préparé un feu d’artifice pour fêter l’arrivée de sa femme sur le chantier.

Contraint de le faire, Horn part se renseigner au sujet de « ce qu’on a fait de ce sacré cadavre. »

Le corps d’un homme Noir a donc disparu et ne compte pour rien.

II
Horn et Léone

Après avoir essayé d’apprivoiser l’homme Noir, Horn tente d’apprivoiser sa « femme » qui n’est absolument pas adaptée à l’Afrique, ni à vivre en chantier parmi des hommes.

Horn et sa « femme » ne se connaissent pas, ils doivent apprendre à se connaître.

Le couple n’est pas nécessairement assorti.

Elle l’appelle « mon biquet » : diminutif infantilisant, maternant, affectif mais aussi un peu dévalorisant.

Elle est venue dans le lieu le plus éloigné de son monde.

Elle vient de Paris, elle vit dans un immeuble. Son débarquement en Afrique la réjouit. Selon elle, ce « bonheur » qu’elle ressent n’est pas bon signe.

Léone , « frileuse », ne veut pas sortir de son bungalow. Elle redoute de voir d’autres hommes. Elle a besoin d’être rassurée.

En l’invitant à boire, Horn cherche à l’amadouer.

Elle ne sort pas parce que : « Tout ça l’impressionne ».

III
Cal, Horn

Cal pleure son chien Toubab qui a disparu. Pour lui, ce sont les Noirs qui lui ont pris son chien.

Cal boit trop de whisky.

Cal et Horn jouent de l’argent à un jeu, Cal préférerait jouer avec des pions.

Cal se réjouit qu’une femme soit arrivée au camp, cela va amener un peu d’humanité.

Horn annonce à Cal qu’il y a un homme Noir dans le camp.

Cal est responsable de la mort de l’autre homme Noir.

On ne sait pas trop qui est cet intrus Noir : « un gars du village, de la police ou pire encore ».

Horn demande à Cal de régler cette affaire puisqu’il en est le responsable.

Il ne s’agit pas de la première fois.

Horn met Cal face à ses responsabilités.

Cal enjoint Horn à rester solidaire avec lui.

Pour Cal, c’est à Horn de régler cette affaire auprès de la direction de l’entreprise, auprès des autorités administratives africaines, auprès de la police.

Cal estime qu’il n’est pas à la hauteur pour le règlement de cette affaire, il pleure la disparition de son chien, il est raciste : il subodore que les Noirs ont bouffé son chien.

En jouant, Cal raconte les circonstances de la mort de l’homme Noir. Il aurait été électrocuté par un orage, l’éclair aurait fait fuir son chien.

Cal pleure sur le sort de son chien et sur lui-même, et n’arrive plus à dormir depuis la disparition de son chien : ils dormaient ensemble.

Ce monde viril est lâche et raciste.

Cal parle de son étonnement de voir débarquer une femme sur le chantier.

Pour trouver cette femme, Horn est allé faire son marché à Paris, il ne voulait pas finir seul, c’est tombé sur Léone.

Cal est préoccupé par l’acclimatation de cette femme à l’Afrique et veut prévenir les soucis qu’elle pourrait rencontrer : la tolérance au climat, la protection des pieds par de bonnes chaussures…

Horn affirme que cette femme est prête à vivre en Afrique.

Horn raconte les circonstances de sa rencontre avec Léone, il l’a appâtée avec un feu d’artifices.

Elle est venue parce qu’il y a la perspective qu’ils repartent très vite : c’est sa dernière année sur le chantier. Le chantier se termine. Horn veut prendre sa retraite.

Cal ne s’en réjouit pas, il veut encore travailler.

Cal s’élève contre les décisions prises par leur direction sans concertation avec eux.

Cal, raciste, assimile les Noirs aux chiens : le nègre « grince des dents ».

La menace de la présence de l’homme Noir pèse toujours.

Cal n’ira pas chercher son chien, qu’il se débrouille, il n’avait qu’à pas partir.

Son chien, qui aboie, a dû « sentir l’odeur d’une bête inconnue ».

Dans un nouveau récit, Cal change de version au sujet de la mort du Noir.

Le Noir n’était pas un ouvrier, mais un journalier (plus précaire).

Ce journalier Noir (chair à canon) voulait partir une heure plus tôt. Cal lui a refusé cette demande. L’homme Noir a craché au sol devant ses pieds, à deux centimètres de ses chaussures. Cal invente une autre version : c’est un camion qui l’aurait renversé et il ne portait pas de masque.

Horn lui jette à la figure ce que tout le monde sait : Cal lui a tiré dessus.

Cal et Horn se contredisent sur les différentes versions et les circonstances de la mort du Noir en jouant aux dés.

Soudain, Horn engueule Cal : il n’aurait pas dû toucher le cadavre.

Horn demande à Cal, qu’il trouve trop con, de se débrouiller seul avec ses conneries. Horn ne veut plus en entendre parler.

Cal continue de raconter ce qu’il s’est passé : il a ramassé le corps et l’a jeté à la décharge, le corps a disparu… il était hors de ses gonds, il est retourné le chercher, il l’a jeté dans le lac, mais ça n’allait toujours pas, finalement il l’a jeté dans les égouts.

Horn sort.

IV

Horn, Alboury

A présent qu’il est muni d’une nouvelle version (le Noir est mort parce qu’il ne portait pas de casque), donc le chantier n’est pas responsable (c’est tout ce qui préoccupe Horn), Horn espère apaiser le Noir Alboury et s’en débarrasser.

Mais le Noir reste arcbouté sur la même demande, il veut récupérer le cadavre du Noir sans casque.

La situation est bloquée.

Horn demande au Noir d’être compréhensif pour sa femme, il ne veut pas d’histoire.

Horn fait une concession : il propose de donner de l’argent et que le Noir s’en aille.

Devant l’entêtement du Noir, Horn hausse le ton puis le menace.

Alboury veut bien prendre l’argent mais il veut le corps.

Horn menace de faire tuer Alboury par les gardiens juchés sur les miradors.

Horn explique la situation difficile dans laquelle il est avec le ministère des travaux publics : le retard des travaux, les travaux inachevés, les routes qui ne mènent nulle part.

Horn est pris à son propre jeu, Alboury abonde dans son sens, on raconte que le ministère est un lieu de débauche.

Horn précise que le gouvernement du pays africain commande des travaux mais ne les paient pas.

Horn, faisant mine de s’adresser à un représentant du Nigéria, essaie de mettre Alboury dans sa poche en évoquant la situation politique et économique du pays.

Mais Alboury n’oublie pas sa demande principale et réclame toujours le corps.

Horn s’étonne de cet entêtement : d’habitude, les africains n’attachent pas autant de prix à la vie et à la mort, contrairement aux européens.

Horn veut rabaisser la demande d’Alboury à une petite chose.

Alboury confirme qu’il veut cette petite chose et qu’il ne veut rien d’autre.

Face à l’inflexibilité de son adversaire, Horn comprend qu’il doit jouer d’égal à égal avec lui et de jouer cash.

Alboury raconte une parabole : son frère mort a froid et c’est à lui de le réchauffer.

Horn comprend que la position d’Alboury n’est pas négociable. Il en tire une leçon plus générale : il sera impossible de cohabiter entre les Blancs et les Noirs.

Alboury abonde dans le même sens : il paraît qu’en Amérique, les Blancs et les Noirs ne cohabitent pas : les Blancs sortent le matin et les Noirs sortent le soir.

Horn est en situation de défense. Mais il veut toujours négocier.

Horn a un désir d’entente et de paix entre tous les peuples ; il expose très sérieusement le projet (absurde) qu’il a médité afin de prouver sa bonne fois et son désir de paix : loger tous les habitants de la planète au même endroit et les mettre tous à la même enseigne dans une seule immense grande ville composée d’une immense série d’immeubles identiques de 30 étages qui occuperait la moitié de la France, le reste de la planète serait entièrement libre, l’Afrique, vidée de tous ces habitants,  serait l’immense réservoir, l’immense lieu de ressources où l’on irait se servir (ce qui est déjà le cas), pour les besoins de cette immense ville. L’Afrique serait la mamelle du monde…

A l’écoute de ce projet « déluré », Alboury ne répond pas… Le vent se lève…

V
Cal, Léone

La rencontre ne « devait » pas se faire. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer dans leur vie, ils sont trop éloignés l’un de l’autre, mais la rencontre se fait.

Cal est obnubilé par son obsession s’agissant de Léone : selon lui, elle n’est pas adaptée à l’Afrique.

Cal veut lui apprendre à s’adapter.

Tout d’abord, il faut chausser de bonnes chaussures.

Léone n’a pas les chaussures adaptées.

Les critères de choix pour des chaussures, du point de vue de Cal, sont virils.

L’univers de Cal est masculin.

En sa compagnie, Léone est dans un univers de vestiaires.

Cal et Léone se parlent mais ne s’écoutent pas.

L’univers de Léone est féminin.

Léone veut recoudre un de ses boutons.

En présence l’un de l’autre, ils meublent.

Léone est préoccupée par sa toilette.

Cal est préoccupé par le whisky, le lait qu’il trouve ici est une saloperie.

Pour se mettre en valeur, Cal énumère la liste de toutes les villes où il est allé. Mais ça ne variait pas beaucoup, parce que tous les chantiers sont identiques, quel que soit l’endroit.

L’entreprise où il est actuellement n’est pas la pire de toutes.

Les entreprises des autres nationalités sont à vomir.

Pour avoir la paix, Léone acquiesce à tout ce que son interlocuteur énonce.

Cal essaie de se rapprocher d’elle : pourquoi est-elle venue ?

Surprise, Léone dit qu’elle est venue voir l’Afrique.

Cal, railleur, lui répond qu’elle n’est pas en Afrique mais entre les palissades d’une entreprise française.

Cal devient familier. Paternaliste et machiste, il l’appelle « Bébé ».

Il la tutoie, elle le vouvoie.

Cal veut jauger la relation de Léone avec Horn.

Léone cherche des yeux celui qu’elle appelle son « biquet ».

Cal ne croit pas à cette histoire de mariage. Cal porte offense à Horn : Horn a-t-il dit à Léone qu’il ne pouvait plus baiser ?

Cal ne croit pas en la réalité d’un couple qui ne peut pas avoir de rapports sexuels.

Cal se proposerait bien comme partenaire de rechange.

Cal raconte à Léone les circonstances qui ont rendu Horn impuissant.

Cal vante d’autant plus les mérites de Horn qu’il ne peut plus être un rival sexuel.

Auprès de Léone, Cal se positionne comme un potentiel partenaire sexuel.

Les sous-entendus de Cal deviennent de plus en plus pesants.

Léone prétexte la soif pour sortir.

VI

Léone, Alboury

Léone rencontre Alboury lors d’un entretien en tête à tête sous les arbres.

La femme Blanche vulnérable, mal à l’aise, dont la présence en Afrique est incongrue, rencontre l’homme Noir.

Léone remplit à elle seule tout le vide de leur rencontre.

Léone est la seule à parler, Alboury demeure silencieux.

Ce silence rend la situation très inconfortable pour Léone.

Face à l’homme Noir silencieux, Léone brise les digues de sa pudeur, à rebours de son comportement avec Cal, parce qu’Alboury est étranger, parce qu’il ne la comprend peut-être pas, parce qu’elle est attirée par son mystère, parce qu’il est dans l’ombre, parce qu’il est Noir, parce qu’il est silencieux.

Léone parle de son père, de sa mère (pour préciser ses origines) et de sa sensibilité aux fleurs.

Léone confie qu’elle croit aux vies antérieures : elle serait elle-même une réincarnation, elle a déjà vu les fleurs de bougainvilliers dans une vie antérieure.

Léone est troublée par la présence mystérieuse d’Alboury.

C’est pourquoi elle est un moulin à paroles.

Léone lui fait entendre qu’elle est attirée par lui.

Elle est obnubilée par les autres qui doivent la chercher.

Léone prend confidentiellement un nouveau rendez-vous avec Alboury.

Léone parle moitié français, moitié allemand, parce qu’elle est d’origine allemande.

VII

Cal, Léone

De plus en plus intrusif et agressif, Cal reprend sa conversation avec Léone.

Il continue d’appeler Léone par le vocable affectueux et condescendant de « Bébé » qu’elle n’a pas sollicité.

Cal brigue un entretien confidentiel avec Léone, à l’abri des regards. Cal feint de croire que Léone sollicite la même confidentialité.

Cal commence à prendre Léone par le bras.

Il appelle les Noirs : des boubous.

Il met les chiens et les Noirs sur le même échelon.

« Laisse les bêtes régler leur compte entre elles »

Entre les Noirs et les chiens, la femme vulnérable doit venir, selon Cal, se réfugier à ses côtés.

Puisque Horn est impuissant, Cal soupçonne Léone d’être une espèce de « prostituée » et d’avoir suivie Horn parce qu’elle attirée par son argent.

Cal s’enquiert de ce que faisait Léone à Paris.

Léone était femme de chambre dans un hôtel.

L’ancien métier de Léone est une raison de plus pour Cal de la sous-estimer, de lui manquer de respect et de la maltraiter : « Boniche ».

Cal fait encore allusion à l’accident de Horn pendant la guerre et à sa blessure, et aussi à l’indemnité qu’il a dû toucher.

Léone se défend, veut garder ses distances, le vouvoie, lui demande d’arrêter de l’appeler Bébé. « Vous donnez des noms de chiens à tout le monde ? »

Cal est convaincu qu’il peut lui manquer de respect. Il devient agressif, menaçant, il la traite de voleuse, il lui saisit le bras, fait des allusions sexuelles de plus en plus explicites. Il cherche ensuite à l’attendrir et essaie de se mettre en valeur. Il affirme qu’il ne se laisse pas aller à devenir sauvage, comme le coin l’inciterait, il dit qu’il s’intéresse à la philosophie, il essaie de lui faire la cour en vantant ses mérités.

Espérant se faire plaindre, il parle aigrement de la vie africaine : les vieux, le travail, la solitude, un monde sans femme.

« Sur le bord de la route, on voit des chiens au ventre gonflé les pattes en l’air. »

Toujours désireux de se mettre en valeur et de démontrer qu’il peut être un bon partenaire (sexuel sans doute), Cal se présente comme un homme cultivé. Ce qu’il préfère, c’est la littérature, machiste, sexiste, mais littérature quand même, d’Henry Miller.

Cal invite Léone, sur le territoire de son intimité, à venir se servir de ses livres dans sa chambre.

En demandant plusieurs fois à Léone de lui rappeler son nom, Cal démontre qu’il ne l’écoute pas et même qu’il la nie.

Cal assure sa propre promotion et la dévalorisation de Horn aux yeux de Léone.

Cal vante ses mérites afin de mieux déprécier ceux de Horn.

En tant que partenaire sexuel potentiel, Cal se met en situation de rivalité ouverte avec Horn par rapport à Léone, qui est la seule partenaire sexuelle à disposition dans le camp et dans les environs.

Cal pense qu’il faut bousculer Léone pour la conquérir.

Cal commence à forcer la main de Léone. Quand elle s’offusque, il lui reproche de manquer de second degré.

Elle pleure.

Cal lui parle « gentiment », mais sans s’excuser.

Tout ce que Cal propose à Léone (son prêt de chaussures par exemple) sous-entend une monnaie d’échange.

Cal invite Léone à entrer dans sa camionnette.

Léone se défend comme elle peut.

Cal exprime explicitement qu’il est sexuellement attiré.

S’il est rustre et maladroit, ce n’est pas de sa faute, c’est parce qu’elle lui plaît.

Cal parle de son sentiment qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Cal prend la main de Léone.

Léone se sent perdue.

Léone se sent sale auprès de cet homme qui la salit.

Cal pense qu’elle fait sa mijaurée parce qu’elle est pudique.

Cal pense uniquement qu’il est nécessaire de la décomplexer.

Léone fuit.

Cal la traite de pute, presque.

Il reste seul, dépité.

VIII
Cal et Horn

Cal et Horn sont de nouveau autour de la table de jeu.

Horn vante les mérites du feu d’artifice qu’il va faire. Ce feu d’artifice (parce qu’il n’a pas les moyens de la fêter autrement) est destiné à fêter l’arrivée de sa « fiancée ».

La frustration (sexuelle) de Cal (son irritation contre le jeu de dé) est le miroir de la bonne humeur de Horn.

Cal parle de sa nostalgie pour certaines villes d’Europe et de son désir d’évasion.

Ils reprennent la partie parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire.

Horn s’irrite que Léone ne vienne pas les rejoindre (mais il ignore la relation qui s’est nouée entre Cal et Léone).

Cal fait l’innocent.

Pour rester tire-au-flanc, à l’abri sous l’aile protectrice d’un patron qui ne le fait pas chier, Cal demande à Horn d’user de son influence afin de pouvoir rester avec lui sur le prochain chantier.

Cal vante les mérites de son supérieur.

Cal a besoin de la protection de son chef (pour rester à l’abri des policiers, des boubous, de la direction de l’entreprise).

Bavard, Cal multiplie les procès d’intention, les soupçons racistes, ses propos sexistes.

Cal propose à Horn de faire une nouvelle partie en faisant une mise beaucoup plus importante qu’à l’ordinaire.

Léone ne vient toujours pas. Horn s’impatiente.

Ils entendent des pas de courses dans les feuilles.

IX

Léone et Alboury

Léone, qui n’est pas venue à la rencontre de Horn, vient à l’approche d’Alboury.

Pour cette fois, Alboury parle. Il parle en nigérian, elle parle en allemand. Ils vont à la rencontre l’un de l’autre par delà la différence des langues, dans une communauté de langues.

Léone est la seule qui s’intéresse à la langue, à la culture et à la personnalité d’un Noir africain, et de l’Afrique en général.

Léone se sent en sécurité, en complicité, en communion avec cet homme Noir intrus, tandis que les autres hommes Blancs lui font peur.

Ils se tutoient.

Alboury est doux, calme, respectueux, souriant.

X
Horn et Cal

Horn et Cal rongent leur frein, tuent le temps.

Comme Léone ne vient toujours pas, ils se sont mis à table et ont commencé le repas sans elle.

Cal jette le poison de la suspicion dans l’esprit de Horn.

Nourri par sa misogynie (on ne peut s’entendre qu’entre hommes) et par sa frustration, Cal dit à Horn tout le mal qu’il pense de Léone.

Cal entend développer cet esprit de franche camaraderie avec son patron parce qu’il sait que Horn ne peut pas jouir d’une femme (ainsi qu’il le sous-entend).

Cal fait l’étalage de son machisme : l’amour des ponts bien construits, des travaux publics, des routes.

Horn évoque une fois où il a quasiment fait l’amour avec un pont (en s’allongeant nu dessus).

Voyant que Horn est en train de lui échapper, Cal exprime son regret de ne pas avoir choisi l’industrie du pétrole.

Les amertumes et les regrets de Cal proviennent de sa frustration sexuelle qui le rend négatif, médisant, violent.

Cal dévalorise tous les hommes qui travaillent dans sa branche d’activité.

Dans les travaux publics, on ne trouve que des travaux manuels, grossiers et des métiers sans qualifications. Ses collègues ne sont que des manutentionnaires, des sous-hommes, « des bourricots ». En comparaison, le monde du pétrole est un monde de rêve.

Cal se pisse et se chie littéralement dessus.

Cal exprime à son chef son dépit d’apprendre qu’il va le lâcher.

Cal invite Horn à ouvrir le feu sur le nègre.

Il sent que le nègre rôde encore et qu’il est encore autour du camp.

Cal redoute de se retrouver seul face à Alboury et de devoir rendre des comptes.

Horn affirme qu’il a le contrôle de la situation et qu’il finira par l’emporter (« il niquera » l’homme Noir).

Face à l’impatience de Cal, Horn exprime son ras-le-bol de toujours devoir réparer les conneries de Cal.

Baissant d’un ton, Cal trouve tout de même bizarre la stratégie de son chef et tout le temps qu’il passe à palabrer avec le Noir.

Horn se fâche après son second. Selon Horn, on ne règle pas tous ses différents à coups de pétoires. Horn reproche à Cal de n’être qu’une brute primaire.

Horn élargit le spectre de ces griefs et accuse tous les ingénieurs d’être des démolisseurs et des pilleurs de l’Afrique.

Horn condamne les agissements de Cal et de tous ses collègues : ils investissent l’Afrique à coups de flingues uniquement pour l’argent.

Réfutant ces accusations, Cal prétend aimer l’Afrique.

Nerveux, Cal émet au sujet du Noir l’accusation d’être venu pour faire une émeute.

Cal et Horn se disputent sur la stratégie à suivre afin de régler le problème. Cal veut une stratégie expéditive, Horn une stratégie raisonnée.

Cal soupçonne le Noir de faire du karaté (comme tous les Noirs, c’est bien connu).

Horn affirme qu’il pourra acheter la tranquillité du Noir avec de l’alcool (comme si le Noir était par nature alcoolique).

Horn ordonne à Cal de retrouver le corps.

Si Cal ne le retrouve pas, Horn menace de le lâcher.

Cal donne un coup de poing dans le jeu. Il sait qu’il ne peut pas retrouver le corps.

Qu’importe, Horn ordonne à Cal de lui ramener n’importe quel corps.

Horn et Cal se séparent fâchés.

XI
Léone et Alboury

Poursuivant son rapprochement, Léone loue les cheveux frisés, les lèvres, la couleur de peau d’Alboury.

Alboury lui enseigne les bruits de l’Afrique : les cris des crapauds-buffles, les cris des éperviers, les aboiements de chiens.

Se sachant leur proie, Alboury confie sa peur des chiens.

Touchée, Léone lui dit qu’elle le protégera des chiens.

Léone avoue qu’elle est amoureuse d’Alboury.

Alboury lui répond qu’elle va trop vite.

Pour exprimer ce qu’il a ressenti le premier jour où il l’a vue, Alboury lui fait un beau compliment.

Alboury a des scrupules au sujet du vieux Horn.

Léone parle de Horn en termes empreints de compassion, de la pitié presque. Pour son biquet. Alboury ne doit pas le regarder comme un rival.

Léone reconnaît qu’elle l’a suivi à cause de l’argent, mais elle ne lui veut pas de mal. Léone se met avec les vieux parce que les vieux sont gentils et pour ne pas être victime de comportements machistes.

Léone exprime la hâte qu’elle a de devenir vieille elle-même. Elle aspire à vivre dans un monde de douceur.

La camionnette approche.

Alboury exprime sa peur d’être tué.

Ils se cachent.

XII
Cal et Horn


Cal, couvert de boue et un fusil à la main, croise Horn.

Il est à la recherche du cadavre (mais on peut le soupçonner également de rechercher Alboury).

Il est parti à la recherche du cadavre dans les eaux souillées mais il n’a rien trouvé, il pue.

Horn lui conseille de rentrer.

Hors de ses gonds, Cal attrape Horn par le col et le menace : il n’aime pas qu’on se moque de lui.

Cal veut être dirigé et secondé par son chef.

Horn calme son ingénieur.

Cal craint d’attraper le tétanos. A bout de nerfs, il pleure comme un enfant.

Cal demande à Horn l’autorisation de descendre le Noir.

Dans les égouts, Cal n’a trouvé que de la merde.

La peur le rend menaçant et dangereux, et même incontrôlable.

Cal arme son fusil.

Horn assure à Cal qu’il va le tirer d’affaire, il lui demande de parler moins fort.

Horn veut éviter de faire couler le sang.

Cal flaire l’odeur de la femme et du nègre.

Cal reproche à Horn d’être un homme de palabres tandis qu’il affirme être un homme d’action.

Cal traite son chef de con.

Il déverse toute la haine qu’il a contre les Noirs.

A ses yeux, le crachat qu’il a reçu à deux centimètres de ses pieds équivaut à un crachat qu’il aurait pu recevoir en pleine gueule.

Selon Cal, tous les noirs sont des cracheurs et leurs crachats recouvrent les terres émergées de la Terre.

Horn consent à ce que Cal fasse usage de sa méthode si la sienne ne marche pas.

Aux sons de l’aboiement d’un chien, Cal décide de partir immédiatement en chasse du Noir, arme au poing.

Horn ne parvient pas à le retenir.

XIII
Horn, Alboury


Horn va donc essayer d’employer sa méthode douce.

Il est venu négocier, muni de deux bouteilles de whisky, comme s’il s’agissait d’un troc entre un Blanc civilisé et un Noir attardé.

Horn signifie qu’il est venu en homme de paix.

Il montre du respect envers le Noir, il l’appelle Monsieur.

Alboury est sur ses gardes parce qu’il sait que l’autre Blanc est en train de le traquer.

Horn affirme qu’en sa compagnie il ne risque rien, qu’il est sous sa protection.

Comme il n’a pas de verres avec lui, Horn propose à Alboury de boire directement à la bouteille et ainsi de devenir copains comme cochons.

Ils boivent à la même bouteille.

Ils échangent quelques mots au sujet de la boxe et du karaté : Horn cherche à amadouer son interlocuteur.

Bavard, Horn vante les mérites du whisky, mais Alboury le bat froid, il ne sent pas toutes les qualités amphigouriques vantées par le Blanc.

Horn espère-t-il soûler son hôte afin de lui nuire ? Alboury arrêtera de boire avant.

Alboury déclare qu’il ne fait aucune confiance à Horn et il l’accuse de mensonge.

Horn veut apporter la preuve de ses bonnes dispositions et de sa bonne foi.

Mais Alboury lui demande une arme.

Horn n’exaucera pas ce souhait.

Pour montrer qu’il est plutôt du côté d’Alboury, Horn se désolidarise des agissements de Cal.

Horn veut connaître les intentions d’Alboury et de ses supérieurs puisqu’il prétend faire partie d’une police secrète.

Alboury crache par terre.

Horn invite Alboury à s’en prendre à Cal, affirmant qu’il ne le couvre plus.

Ne tombant pas dans ce piège, Alboury dénonce cette trahison entre Blancs.

Comment faire confiance à un homme qui trahit un de ses compatriotes ?

Aux antipodes de l’argumentation de Horn, qui veut se désolidariser de Cal, Alboury montre en quoi Horn et Cal sont solidaires puisqu’ils sont de la même race, de la même langue et de la même « tribu », tous deux dans le camp des dominants, tandis qu’il est dans celui des dominés, tous deux les maîtres, tous deux Blancs détenteurs de tous les pouvoirs, tous deux propriétaires des lieux, des machines et des camions.

En dépit de tout ce qui les rapproche, Horn veut se démarquer de son compatriote. Horn réfute le mot frère pour parler du lien qui l’unit à Cal.

Horn se démarque de Cal au nom du monde qui a changé depuis vingt ans.

Quand Horn s’estime humaniste, il estime que son collègue est un prédateur : « fou, assassin, déchaîné, avide ».

Horn se fait avocat de soi-même. Il a toujours été humaniste, pour ne pas dire humain, et non pas sauvage et bestial (comme Cal), dans sa manière de traiter les ouvriers, quelles que soient leurs couleurs de peau.

Nonobstant, il ne veut pas qu’on lui fasse le reproche de la différence de classes. Les inégalités existent depuis toujours, dans tous les pays. Il ne veut pas qu’on lui impute la responsabilité des inégalités. Par nature, tous les ouvriers sont malheureux. Et si on élargit les problèmes de la condition humaine, il peut même inférer que tous les hommes sont malheureux.

Selon Alboury, les ouvriers et les Noirs sont dominés. En tant que dominés, ils n’ont pas à se soucier des états d’âme des dominateurs.

Horn s’aperçoit qu’il a en face de lui un sacré détracteur.

Mais du moins ils fraternisent en partageant la même bouteille de whisky.

Après Cal, Horn aborde le sujet, plus délicat, de Léone. A voix basse, il demande à Alboury d’épargner la femme, de lui épargner la vue du sang versé, parce que cela pourrait la faire fuir.

Il évoque le besoin qu’il a de la savoir à ses côtés. Il ne veut pas la posséder (il ne le peut pas), en cela il ne se hausse pas en rival d’Alboury, mais il ne veut pas qu’elle fuie.

Philosophant sur la mort, Horn reconnaît qu’il s’est payé Léone avec son argent dans le but d’assouvir son envie et de profiter du bon temps qui lui reste.

Horn interroge Alboury sur la longueur de l’ongle de son petit doigt : est-ce un rite, une arme, un gadget sexuel ?

Alboury ne répond pas.

Horn se fâche, presque.

Prenant acte de l’obstination de son interlocuteur, il abat sa carte maîtresse (ou imaginée telle).

Horn tend à Alboury une grosse liasse de billets.

Alboury demeure impassible.

Horn s’irrite. La mort fait partie du risque du métier d’un ouvrier ! Horn tend à nouveau la liasse.

Léone fait son entrée.

XIV

Horn, Léone, Alboury

Horn et Léone ne s’étaient pas recroisés depuis le début de la pièce…

Léone adopte le parti d’Alboury.

Pris entre deux feux, reconnaissant sa défaite, Horn avoue ouvertement que le corps de l’ouvrier Noir n’est pas retrouvable, la demande d’Alboury n’est donc pas réalisable.

Horn veut quitter les lieux en compagnie de Léone.

Alboury déclare qu’il veut la mort du meurtrier, il clame vengeance et réclame une arme.

C’est l’orage. Il faut aller se mettre à l’abri.

Horn ordonne à Léone de le suivre en s’adressant à elle comme à un chien. Léone ne bouge pas.

XV
Horn, Léone, Alboury

A voix basse, Léone demande à Alboury d’accepter l’offre de Horn.

Entre les deux hommes en guerre, Léone essaie de s’instaurer en médiatrice, en se mettant cette fois-ci du côté de Horn.

Selon elle, le dédommagement financier devrait satisfaire Alboury.

Léone explique qu’elle veut vivre non dans la guerre mais dans la paix. Elle n’aspire qu’à vivre dans une petite maison et profiter d’un bonheur simple.

Léone se donne à Alboury sous les yeux de Horn.

Si c’est sa blancheur qui fait obstacle dans l’esprit d’Alboury, elle renie sa blancheur.

Léone s’abandonne complètement à Alboury.

Elle chante les louanges de la couleur noire.

Elle adresse un message d’amour et de paix à Alboury.

Horn fait remarquer à Léone qu’elle se donne en vain à Alboury puisqu’il ne dit rien.

Alboury crache au visage de Léone.

Léone, qui déteste la violence, est désemparée.

Elle appelle Horn à son secours.

Horn la répudie en lui disant qu’elle vient de le traiter comme une merde.

Il lui dit qu’il la chasse, qu’elle partira le lendemain par le premier avion.

Horn déverse également sa colère contre Alboury qui a voulu « embobiner une Blanche ».

Horn laisse la vie sauve à Alboury mais il lui recommande de se barrer au plus vite, car l’autre, Cal, est à ses trousses.

Horn menace Alboury de le faire abattre par la police la prochaine fois.

Alboury a disparu sans écouter la fin.

XVI

Horn, Léone

Horn s’efforce de calmer Léone qui  a perdu le contrôle de ses nerfs : pleurs, cris.

Devant lui, il ne veut pas que Léone perde sa dignité et qu’elle porte atteinte dans le même temps à la sienne.

Horn fait une ultime proposition à Léone. Il lui offre de partir sur-le-champ avec lui.

Léone, celle qui n’a rien demandé au monde, casse la bouteille de whisky, et munie du verre, se scarifie le visage, à la manière des signes tribaux de l’homme noir, en se tournant dans la direction où Alboury a disparu.

Celle, qui était amour, est pleine de haine envers les hommes et envers Alboury.

Horn panique. Il appelle à l’aide de tous côtés.

Léone s’évanouit.

Les phares de la camionnette approchent.

XVII
Cal, Horn

Cal nettoie son fusil.

Son dessein est de traquer le Noir et de le tuer, mais il ne peut pas agir tant qu’il y a trop de lumière (les projecteurs du camp).

A présent, Horn consent au meurtre d’Alboury.

Il faut venger l’affront qui a été fait à Léone, à son couple, à lui-même.

Comme il ne peut pas couper les projecteurs, Horn propose de différer le meurtre au lendemain.

En attendant, Horn projette d’aller préparer son feu d’artifice ce qui a pour effet de faire tomber Cal des nues.

Horn affirme qu’il veut lancer son feu d’artifice pour lui-même.

Il propose de tuer Alboury et de donner son corps au village en remplacement de l’autre mort.

Afin qu’on ne le reconnaisse pas, il suggère de lui tirer dans la gueule.

Afin qu’on ne détecte pas les marques de fusil, il suggère de lui écraser la gueule sous les roues d’un camion.

Exténué, Cal dit qu’il va se coucher.

Horn le traite d’imbécile.

Selon Horn, il faut agir sans délais.

Mais Cal rechigne à abattre Alboury à froid (maintenant que sa colère est tombée).

Horn endoctrine Cal afin qu’il tue le Noir sans différer.

Horn conseille à Cal de tirer bien au niveau de la gueule.

Il annonce qu’il va partir et qu’il donnera sa démission sans attendre la fin du chantier.

Quand il sera parti, il recommande à Cal de tout avouer à la direction de l’entreprise qui le couvrira.

Horn annonce à Cal que Léone partira par le premier avion dès le lendemain : « On est tout seuls », lance-t-il. On ne peut compter sur personne.

XVIII

Horn, Léone, Cal

A travers la porte de son bungalow, Horn donne ses ultimes recommandations à Léone.

Ils se disent adieu sans se voir.

Horn conseille à Léone d’aller se faire réparer le visage par un chirurgien à Paris.

Il lui demande de ne pas dire de mal de l’entreprise quand elle sera arrivée.

Horn veut avant tout préserver l’image de l’entreprise.

Cet adieu, empreint de gêne, exécuté à distance, est définitif.

Horn s’en va.

Léone sort avec ses valises, elle a le visage encore tout ensanglanté.

Cal veut réconforter Léone qui se cache le visage.

Pour Cal, toute cette histoire n’a rien changé, il continue de s’adresser à Léone en l’appelant bébé.

En présence de Léone, Cal maintient tout ce qu’il a dit et tout ce qu’il a pensé depuis le début.

Selon lui, elle est trop bébé.

Selon lui, le décalage entre La France et l’Afrique est beaucoup trop grand : « Il doit neiger  à Paris ».

Le couple Horn et Léone n’est pas assorti.

Faisant fi du mal qu’elle a reçu, il se borne à parler du bien qu’elle lui a apporté.

Cal fait montre d’une négation totale du ressenti de Léone.

Puisqu’il a eu du plaisir, peu importe si elle pense du mal de lui.

Cal exprime son regret de voir partir cet objet du désir.

Il pleure sur son sort d’homme seul.

Il se situe dans une négation totale de la douleur de l’autre.

Cal lui dit adieu.

Et dans un acte absolu de négation de son interlocutrice, il la prie de ne pas l’oublier…

XX

C’est le feu d’artifice.

« Une première gerbe lumineuse explose silencieusement ».

Immense soleil de couleurs qui retombent.

Voix d’Alboury.

Cal approche, pointant son fusil vers le haut.

Alboury parle dans sa langue.

Cal est descendu de trois balles par les gardiens : au bras, au ventre, à la tête.

Alboury disparaît.

Léone annonce son retour « toute nue » à Paris. Au chauffeur de la voiture qui est venu la chercher, elle demande en allemand une épingle à nourrice afin de fermer sa robe qui baille.

La tête éclatée de Cal est surmontée du cadavre de son (?) chiot blanc qui montre les dents.

Horn ramasse le fusil de Cal.

Les miradors, d’où sont partis les coups de feu, sont déserts.

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