« Prometeo » Rodrigo García (1998)

Le boxeur, le speaker, la femme et l’autre femme se distribuent la parole de Prometeo boxeur, ses combats : « Tape, tape, tape », son âge, son poids, sa taille, les différentes catégories de boxeurs, sa capacité d’encaissement, sa préparation au combat… pendant que la femme décrit des scènes de villes en temps de guerre. Le boxeur rêve de se foutre les deux mains en l’air en même temps. Dans ce monde de brutes, la femme qui a couché avec tous les hommes lui propose une histoire d’amour. L’autre femme lui adresse une ribambelle de reproches familiaux. Chacun leur tour, les personnages décrivent les tableaux des grands peintres ayant peint le sujet de Sébastien, le saint martyr criblé de flèches. Alternativement, le speaker décrit les séquelles que peuvent laisser les uppercuts, les hémorragies cérébrales par exemple. Se parlant à lui-même, le boxeur s’invective durement : « Rentre chez toi et réfléchis fils de pute. » Il est sommé par lui-même de réfléchir à la destinée de Carlos Monzón, boxeur de la même nationalité que l’auteur, qui a « défoncé sa femme » : cela devrait le conduite à réfléchir. Il est également sommé par lui-même de changer de métier. Comment un crime peut-il devenir un acte poétique ? Quelle est la signification de ce genre de spectacle où deux mecs se tapent dessus ? En alternance avec la description de tableaux de Saint-Sébastien, les quatre personnages déclinent la liste des noms de boxeurs, leurs pseudos et leurs palmarès. En évoquant une cantatrice célèbre, le boxeur Prometeo démontre qu’il n’est pas qu’une brute épaisse mais qu’il peut parler de la sensualité subtile et de la sophistication d’une voix lorsqu’elle chante Chérubin : « Parce que la faiblesse est grande et que la force n’est rien. » Tandis que le boxeur et le speaker dressent la liste des opéras dans lesquels la cantatrice (dont Prometeo est amoureux) s’est produite, la femme dresse l’inventaire des armes et des médicaments avec lesquels le boxeur s’est suicidé. Lors de ces dernières interviews, le boxeur répondait aux questions des journalistes par des titres d’opéras. Le boxeur médite sur la vieillesse. Aura-t-il le temps d’atteindre ses vieux jours ?

Rodrigo García :

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