« Roi Lear » (« Rey Lear ») Rodrigo García (2000)

Flanqué de son clown qui l’insulte constamment (en le traitant de connard), le Roi Lear veut assister à la guerre mondiale qu’il a peut-être provoquée depuis sa chaise pliante. Pendant le conflit, il désire se rendre au Musée Prado ou à l’Académie Royale San Fernando afin de dérober, « pendant que tout le monde s’en fout », les gravures « les désastres » et « Les caprices » de Goya. Dans le même temps, ses mauvaises filles se partagent le « butin des mots ». Afin de « tout bousiller » et de mettre tout le monde d’accord, le clown imagine la planète qui prendrait, sans crier gare, la décision de tourner… en sens inverse… Le Roi Lear parle de son chien comme d’une vraie brute. Lorsqu’il lui donne à manger, l’animal manque à chaque fois de lui arracher la main. Il lui donne des morceaux de viande plus grands que lui afin de le rendre fou-dingue. Il aime lui faire de sales blagues. Par exemple, il jette de la viande par la fenêtre et il s’attend à ce que le chien saute par le même chemin. Comme le chien ne saute pas, le roi s’énerve. Il lui prépare des plats cuisinés : des faisans farcis aux châtaignes et aux truffes. Les mauvaises filles dressent la liste de tous les hommes avec lesquels elles ont baisé la veille : il y en a… dix pages. Le clown part en vacances avec le chien sur une plage truffée de mines. Il lâche le chien devant lui en se disant que le chien doit gagner ses vacances : il a une vie de roi, ce chien. Le clown fait la longue liste de matériel qu’il emporte pour aller à la plage, dont une bouée pour le chien avec la tête de Bruno Mégret. Le chien saute sur sept mines. A la longue, il est carbonisé. Au cours d’une énième négociation, les mauvaises filles s’écharpent entre elles. L’une d’elles appelle de ses vœux la survenue d’une charretée de camionneurs afin qu’ils viennent « se faire » sa sœur. En quête d’un remède à cette époque guerrière et au mal-vivre du monde, « puisque vous ne pouvez pas changer le monde », Cordélia, la fille bannie, suggère à ses compatriotes « au moins de tout faire plus vite » : vous ingurgitez vos repas plus vite, vous déféquez plus vite… On pourrait proposer aux gens un système de récompense par points (cela se pratique en Chine) : un clochard, 100 points, une femme enceinte, 200 points… Tu ne salues plus Marie, tu la méprises, et lorsque tu ne sers plus à rien ? On te pend : quand tu arrives à la retraite, par exemple…

Entretien avec Rodrigo García : https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Roi-Lear/ensavoirplus/idcontent/5647

Illustration mise en scène : Emilio García Wehbi (2013) :

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