Jeff Koons, rétrospective 1978-2020

« Ce que je veux dire est que tout est là. Toute chose nous entoure. Tout ce qui existe dans l’univers est là. Tout ce qui vous intéresse est là. Si vous vous concentrez sur vos centres d’intérêt, tout se présentera de soi-même, de plus en plus proche. Vous vous rendrez compte que tout est disponible. » Jeff Koons

1955 : Naissance à York (Pennsylvanie), fils d’Henry et de Gloria Koons. Sa sœur, Karen, est son ainée de trois ans. Son père était marchand de meubles et décorateur d’intérieur. Sa mère était couturière.

1972-74 : Il rentre au Maryland Institute College of Art de Baltimore, où il s’intéresse à l’art byzantin et à l’art populaire américain. Il peint des scènes et des paysages d’inspiration surréaliste. Un jour, Koons appelle Salvador Dali à l’hôtel Saint Regis et parvient à passer un jour avec lui à New-York.

1975 : Il s’installe à Chicago, où il poursuit ses études à l’école de l’Art Institute of Chicago.

1976-77 : Après son diplôme au MICA (Maryland Institute College of Art), il s’installe à New York.

1977 : Dans son appartement de l’East 4th Street, il commence à réaliser ses premières sculptures avec des ballons gonflables et des miroirs. Dans des boutiques bon marché de Manhattan, il récupère des jouets gonflables, simples objets décoratifs qui nous renvoient au surréalisme de Dali et, surtout, aux readymades de Marcel Duchamp.

1978 : Sponge Shelf

1978 : Red Phone

1978 : Inflatables flowers

Cette toute première série de l’artiste, qui date de 1978-1979, se compose de simples jouets ou objets de décoration gonflables, des fleurs ou des lapins en plastique, présentés sur des miroirs ou du plexiglas.

« Quand ces jouets gonflables entrent en scène, ils continuent de rayonner de cet optimisme de l’ego gonflé. Respirer profondément est un symbole de vie et d’optimisme et exhaler le dernier soupir, un symbole de mort. Un objet gonflable dégonflé symbolise la mort. Voilà les opposés » Jeff Koons

« Lorsque je suis arrivé à New York pour la première fois, j’étais un étranger, complètement dans la périphérie. Quand j’ai conçu mes fleurs gonflables, ou les œuvres utilisant des éponges, il pouvait arriver que quelqu’un comme Richard Prince ou bien Holly Solomon, qui était galeriste à New York, vienne dans mon atelier, mais cela restait une exception. Je pensais que mes premières réalisations révélaient trop ma propre sexualité; je pensais que créer quelque chose d’objectif reviendrait à abandonner tout ce qui me serait associé. C’est alors que j’ai réalisé « The New ». Cette série utilisant des aspirateurs a été exposée dans plusieurs lieux alternatifs, toujours en périphérie. Personne ne m’achetait rien. J’ai dû rentrer chez mes parents et habiter chez eux. Quand je suis revenu, j’ai exposé la série « Equilibrium ». C’est alors que les choses ont commencé à avancer pour moi… »

Dans la série des Inflatables (1979) comme dans Pre-New / The New (1979-1987), Jeff Koons tente de redéfinir la sculpture en opérant un mélange habile et visuellement convaincant entre l’art minimal et le readymade.

1979 : Pre-New offre une typologie des incontournables de l’équipement domestique, du grille-pain à la bouilloire électrique…

« Dans Pre-New, je manipulais les objets. Je ne préservais pas leur intégrité. Je collais des tubes en plastique sur une têtière ou une vis derrière une cafetière. L’important dans ce travail, c’est qu’il me libérait de ma propre sexualité subjective. Je transportais mon œuvre au domaine de l’objectif. Je me distançais de ma propre sexualité » Jeff Koons

1981-1987 : The New (le nouveau) : Trois aspirateurs, deux cireuses et un aspirateur à eau sont disposés dans une vitrine en plexiglas, sur trois niveaux et éclairés par des néons.

Jeff Koons transforme des objets emblématiques de la consommation en objets de grande valeur.

« C’est précisément ce que je voulais que les gens pensent, parce qu’on ne peut pas être neuf. Pour avoir sa propre intégrité, il est indispensable de vivre, et nous ne sommes pas immortels. Mais ici, la machine peut conserver son intégrité à jamais parce qu’elle n’a jamais fonctionné. » Jeff Koons

En 1980, the New Museum of Contemporary Art invita Jeff Koons à produire une œuvre pour sa vitrine de la 5ème Avenue à New York. Dans sa nouvelle série Koons se sert d’appareils électroménagers, principalement des aspirateurs et des cireuses, qu’il sortit de leur emballage pour les encoffrer dans des vitrines en acrylique éclairées par des tubes fluorescents. Ces objets n’avaient pas été altérés, mais ils n’avaient pas été utilisés non plus et ne servirent donc jamais aux fins pour lesquelles ils avaient été fabriqués, maintenant ainsi tout cet éclat du neuf si cher aux consommateurs. Conçus pour satisfaire une fonction de nettoyage, ces objets parviennent à conserver leur caractère intact sous la lumière des tubes fluorescents…

C’est que Koons ne s’intéresse pas aux grandes utopies modernistes, mais bien à une certaine forme d’hédonisme. Les aspirateurs, enchâssés dans leurs vitrines, conservant pour toujours l’éclat du neuf, semblent devoir susciter inlassablement la convoitise.

1985 : Equilibrium en 1985. Ballons en apesanteur, une installation composée d’un aquarium contenant trois ballons de basket plongés et en équilibre dans une solution d’eau salée.

La série Equilibrium s’intéresse à la substance du rêve américain : le désir d’ascension sociale. Fin observateur des mécanismes de l’époque, Jeff Koons explore l’univers du sport, considéré comme l’un des principaux moyens d’élévation à disposition des classes défavorisées. 

Jeff Koons cherche à atteindre l’équilibre dans des œuvres mettant en scène des ballons de basket flottant à l’intérieur de réservoirs d’eau dans un équilibre délicat qui peut être perturbé par des fluctuations de température ou des vibrations. Pour les concevoir, il a consulté le physicien lauréat du prix Nobel Richard P. Feynman. Il y a un parallèle évident entre ces travaux et l’équilibre dans la vie, que personne ne peut maintenir éternellement. Koons s’est efforcé de transmettre un message similaire avec des affiches Nike dans lesquelles des athlètes vedettes, principalement des joueurs de basket-ball, sont décrits comme des « modèles » de réussite, d’amélioration et d’équilibre social.

« Les enfants blancs de la classe moyenne ont utilisé l’art de la même manière que d’autres groupes ethniques ont utilisé le basket-ball pour leur mobilité sociale. ‘Dr. Dunkenstein’, ou ‘Secretary of Defense’ auraient pu être moi ou Baselitz ou qui que ce soit d’autre » Jeff Koons

1985 : « Moses »

Les choix de Koons mettent en avant la manière dont ces athlètes exclusivement noirs sont présentés non pas seulement comme des stars, mais aussi dans des rôles où la revendication de pouvoir et de respectabilité devient le reflet d’un système social traditionnel qui refuse en réalité tout pouvoir et respect à la majorité des noirs américains.

Les posters font miroiter l’idée “Je suis une star, tu peux toi aussi être une star” à de jeunes hommes qui statistiquement n’ont pratiquement aucune chance de devenir riches et puissants, par le sport ou par tout autre moyen. Koons ne se contente pas de dénoncer la pauvreté des options sociales ouvertes aux noirs américains, il voit aussi une analogie entre les espoirs que des enfants mettent dans le sport et la manière dont certains enfants blancs de la middle class américaine espèrent exploiter l’art au profit d’une ascension sociale.

1985 : La même année, Jeff Koons faire réaliser en bronze des objets usuels canot, sac à dos etc. Lors de sa première exposition personnelle en galerie en 1985, Jeff Koons présente une nouvelle série qui aborde le thème de l’équilibre personnel et social. Il a réalisé plusieurs sculptures en bronze représentant des éléments liés à la survie, tels que des canots de sauvetage, des gilets de sauvetage ou un appareil respiratoire sous-marin. En les coulant en bronze, Koons a fait paraître ces objets immortels, pleins d’air et de vie, et pourtant le poids du métal les empêche de flotter comme ils sont censés le faire, les transformant en dispositifs mortels qui soulignent l’impossibilité d’atteindre un état d’équilibre entre la vie et la mort.

1986 : « Rabbit »

« Un déplacement s’est opéré dans les activités du nouveau groupe d’artistes des années 80 dans la mesure où il s’intéresse à la question du lieu du désir, que j’entends comme le plaisir que procurent les objets et les marchandises, y compris ce que nous appelons les œuvres d’art. Nous avons davantage le sentiment d’être complice de la production du désir, ce que nous appelons traditionnellement les beaux objets séducteurs, que de nous trouver quelque part à l’extérieur de ce champ. » Haim Steinbach (sculpteur)

« Rabbit » en Acier inoxydable

1986 : Luxury and degradation (Luxe et déchéance) En se promenant dans les rues de New York, Jeff Koons remarque les publicités pour des marques d’alcool. Plus on va vers les quartiers populaires plus les publicités deviennent figuratives. Art abstrait pour les riches, figuratif pour les pauvres. Jeff Koons va faire un art figuratif pour tout le monde. Il expose des tirages sur toile de photos publicitaires.

Cette nouvelle série visait à montrer comment les techniques publicitaires et les campagnes de marketing pour les boissons alcoolisées servaient à perpétuer des rôles dans la société : les publicités destinées aux publics les moins aisés de la société avaient un message plus explicite, tandis que celles destinées à la frange plus aisée, avaient tendance à être plus abstraites. En d’autres termes, ils ont envoyé des messages différents à différentes classes sociales, perpétuant ainsi l’immobilité sociale et les stéréotypes.

Jeff Koons s’emploie à révéler à travers la reproduction sur toile de publicités d’alcool de l’époque une corrélation entre le degré d’abstraction des images et le public visé : les publicités les plus littérales vantent les produits les moins chers destinés à une catégorie sociale peu fortunée ; les plus sophistiquées ciblent une élite, financière et culturelle. Ainsi, « I could Go for Something Gordon’s » reprend une publicité pour du gin présentant une femme entièrement vêtue de blanc, sur une plage, tenant à la main palette et pinceau, face à son tableau de chevalet ; derrière elle, assis sur le sable, un homme, en jean et chaussures bateau, la regarde…

1986 : En plus d’une sélection de ces publicités, dans « Luxe et déchéance » Koons a inclus une série d’objets et d’ustensiles liés à la consommation d’alcool. Jeff Koons opte ici pour l’inox : ce matériau commun, offrant néanmoins des effets de brillance, donc de séduction.

« Pour moi, l’acier inoxydable est le matériau du prolétaire, c’est de quoi sont faits les casseroles et les poêles. C’est un matériau très dur et c’est un faux luxe ». Jeff Koons

1988 : « Statuary »

Jeff Koons continue de brouiller les frontières. Prolongeant ses recherches précédentes, il cherche à dessiner un panorama de la société fondé cette fois sur des objets de décoration figuratifs. Ainsi produit-il de parfaites répliques de statuette de différents formats appartenant à divers registres, des arts savants à la culture populaire.

« Bear and the Policeman », l’ours et le policier britannique.  Sculpture en bois peinte de plus de deux mètres de haut, l’ours en peluche à l’air bonasse pose paternellement son bras sur l’épaule d’un policeman et s’apprête à souffler dans son sifflet. Koons produit ici une analogie avec les souvenirs très kitchs que les touristes achètent.

1988 : « Banality ». Jeff Koons délègue l’exécution de ses créations à des « artisans » choisis pour l’excellence de leurs savoir-faire techniques (sculptures sur bois et sur porcelaine, travail des métaux). Le raffinement de la réalisation confère une beauté paradoxale aux objets, parmi lesquels on trouve le célèbre « Michael Jackson et Bubbles » en porcelaine dorée.

« Cette expérience libératrice m’offrit, en tant qu’artiste, l’opportunité de créer mes propres objets dans des séries d’œuvres comme Banalité, en ne travaillant plus directement avec des readymade, mais en créant des objets de type readymade ». Jeff Koons.

« Avec Ushering in Banality (Inaugurer la banalité), j’ai senti que Dieu était de mon côté, et que je me moquais vraiment de ce que l’on pouvait penser de ce travail. J’y pense comme à quelque chose d’autobiographique. Ce petit garçon à l’arrière, c’était moi. Je débutais dans la banalité. J’ai senti que ce que je faisais était très moral et c’est pourquoi il y a là des chérubins. » Jeff Koons

1988 : « Michael Jackson et son singe », luxe et kitsch. Faire entrer le kitsch dans les musées avec des matériaux précieux et dans une présentation luxueuse. Fabriquée en Chine sous la supervision de l’artiste, « Michael Jackson et son singe » l’une des plus grandes porcelaines au monde. 

« Dans Banalité, j’essayais de dire aux gens qu’ils doivent se sentir sûrs de leur passé, qu’ils doivent accepter leur passé. C’est la manière la plus directe que j’ai utilisée pour commencer à parler sur les gens, en empêchant que l’art nous sépare. » Jeff Koons

« L’art peut être un discriminateur terrible. Il peut servir à élever les gens et à leur donner un sentiment de puissance, ou à les rabaisser et à les affaiblir. Et la corde raide entre les deux, c’est l’histoire culturelle de chacun. L’histoire culturelle de chacun est parfaite, elle ne peut rien être d’autre que ce qu’elle est – elle est la perfection absolue. » Jeff Koons

En accordant une place très importante à la réalisation et en faisant appel à des artisans talentueux, Koons a remis au premier plan le geste artistique par le biais de techniques comme celle de la porcelaine ou le travail du métal.

Les œuvres évoquant des ballons de baudruche sont particulièrement saisissantes : le Hanging Heart, qui pèse pourtant une tonne, semble véritablement flotter.

En utilisant des objets de la vie quotidienne (électroménager, ballons de basket-ball), des jouets d’enfants ou encore la publicité, Koons fait le lien entre la culture populaire et l’art. il y a véritablement un aspect populaire dans l’œuvre de Koons, comme dans celle des représentants du pop art avant lui. Warhol, par exemple.

1989-1991 : « Made in heaven »

À l’occasion de l’accrochage Image of the World, organisé par le musée Whitney, Koons crée un panneau publicitaire (une grande affiche) annonçant un film imaginaire (qui ne sera jamais réalisé et qui n’avait pas vocation à l’être) où il apparaît en compagnie de l’actrice porno Illona Staller, « Cicciolina », avec qui il se marierait par la suite. Cette image est affichée en plein Broadway à New York.

Bien que ce film n’ait jamais été tourné, le projet est à l’origine de sa série suivante « Made in Heaven ». « Fabriqué au paradis ». L’artiste continue la série en travaillant avec de nouveaux matériaux, comme le verre ou le marbre.

Avec ce nouveau cycle, conçu au tournant des années 1990, Jeff Koons crée le scandale pour une série dédiée au sexe et à sa représentation. Il met en scène ses ébats avec sa partenaire, et décline une série de photographies très explicites sur différents supports : sérigraphies sur toile, sculptures en bois polychrome, ou cristal de Murano pour les positions du Kama Sutra. Il emprunte tous les décors et l’univers kitsch esthétique de la Cicciolina : dentelles, couronnes de fleurs, paysages oniriques. Son univers est transposé dans les détails floraux, des sculptures de petits chiens ou les couleurs pastel. La sulfureuse collaboration aboutira au mariage du duo en 1991, et sera plus difficile à assumer dans la suite de la carrière de l’artiste après un divorce douloureux, en 1994, qui privera pendant des années l’artiste de son fils, né de leur union.

1992 : Jeff Koons est invité à la documenta de Kassel. Il réalise « Puppy ».

“Sur un île d’amour de chaleur et de bonheur” Jeff Koons

Statue en acier inoxydable, bois, sol, tissu géotextile, système d’irrigation interne, plantes à fleurs vivantes 1234.4 x 1234.4 x 650.2 cm

 « Je pense que Puppy est un succès parce qu’il aborde le thème du contrôle et de l’absence de contrôle. Le contrôle est nécessaire pour créer l’œuvre mais ensuite, il faut lâcher ». Jeff Koons

1994 : « Celebration »

Jeff Koons s’engage dans la série « Célébration » (Celebration), inspirée d’événements mémorables et des fêtes qui se produisent tout le long de l’année et pour laquelle il a recours à des méthodes de production à grande échelle.

Il transforme des jouets pour enfant en sculpture. « Balloon dog » devenu l’emblème de la marque Jeff Koons. « Balloon Dog » reproduit un chien fait d’un ballon gonflable noué en acier inoxydable, poli miroir, recouvert d’un vernis transparent.

“Pourquoi Balloon Dog? J’ai transformé un objet sans qualité et éphémère – un simple ballon- en une œuvre monumentale qui a le pouvoir de survivre“. Jeff Koons

Pour ne pas affronter la mort des jouets gonflables, l’artiste les pérennise en métal incorruptible.

 « Les objets gonflables, bien sûr, sont une métaphore des gens ; pour moi, ils sont une métaphore de la vie et de l’optimisme. L’image la plus morbide que je connaisse est celle d’un objet gonflable qui a explosé. »  Jeff Koons

 « J’aime l’aspect du temps. Les choses ne sont pas si spécifiques, même si chaque œuvre représente un moment déterminé de la vie de quelqu’un : un morceau de gâteau peut représenter un mariage ; les tulipes sont les signes du printemps ; un chapeau en carton symbolise une fête d’anniversaire ; une bague avec un diamant, peut-être un anniversaire de mariage ; le cœur de la Saint-Valentin… L’échelle des objets et des images de la série est grande parce que ces événements nous dépassent en tant qu’individus ». Jeff Koons

Cette série, qui contient parmi les plus célèbres des sculptures monumentales de Koons, a débuté par un simple ensemble de photographies réalisé à partir d’objets évoquant la fête pour les besoins d’un calendrier : œufs de Pâques, rubans, ballons de baudruche, jouets… L’artiste décide de reproduire certaines de ces photos en peintures de grande dimension, et de transformer une partie des petits objets en sculptures grand format. Pour réaliser les fameux Balloon Dog, Moon ou Tulips, qui reproduisent à la perfection le rendu de ballons aux surfaces réfléchissantes, l’artiste déploie des moyens de production hors-normes. Certaines œuvres ont ainsi nécessité des années de production. L’immense et complexe Play-Doh, qui était exposé dans la version new-yorkaise de la rétrospective, au Whitney Museum, mais n’a pas fait le voyage jusqu’à Beaubourg, a demandé vingt années de travail (1994-2014).

1994 : « Play-Doh » Sculpture gigantesque en aluminium, fruit de 20 ans de travail. Achevée en 2014, elle reproduit l’apparence d’un empilement de morceaux de pâte à modeler sur plus de trois mètres de haut. 

1995 : Shelter (abri) Peinture grand format reproduisant des jeux pour enfants. Les images sont réalisées sur ordinateur. Peinture et huile sur toile.

1995-1996 : Lune (Moon) (1995-2000),

Dans son célèbre tableau, Les époux Arnolfini (1434), Van Eyck représente le négociant italien Giovanni di Nicolao Arnolfini et son épouse. Au mur du fond est suspendu un miroir convexe où se reflètent les deux observateurs de la scène, l’un d’eux étant probablement le propre artiste.

La sculpture Lune (Moon) (1995-2000), de la série « Celebration » de Koons, crée la même perspective d’aquarium qu’on peut voir sur le miroir de Van Eyck mais sur l’image de Koons, le personnage qui s’y reflète est le spectateur, au lieu de l’artiste. 

1995 : « Tulipes »

Tulipes (Tulips, 1995–2004), un bouquet de fleurs gigantesque (plus de 2 mètres de haut et 5 mètres de large) fait de ballons de couleur, appartient à la série Célébration (Celebration) entreprise par Koons en 1994. Inspirées d’objets génériques et populaires associés aux fêtes d’anniversaire, vacances et autres célébrations (depuis un chapeau de cotillon et un morceau de gâteau jusqu’à des cœurs et des œufs de Pâques), les peintures et sculptures de la série Célébration reflètent la relation constante de Koons avec les éléments propres à l’enfance. Les surfaces en acier inoxydable brillant et immaculé des Tulipes rappellent des œuvres antérieures de l’artiste, comme Lapin (Rabbit, 1986), dans laquelle il transformait aussi un objet gonflable courant en quelque chose de dur, étincelant et symbolique. Dans Tulipes et dans les ballons d’animaux qui peuplent la série Célébration, ainsi que dans son imposant Puppy (1992), Koons a manipulé l’échelle et les matières jusqu’à des limites inexplorées jusqu’alors. Tulipes peut évoquer les grandes formes industrielles de certaines sculptures minimalistes, mais c’est aussi une sculpture optimiste et pleine de couleurs, qui rappelle un char de défilé, gai et chatoyant.

1999 : « Homard ».

« Lobster » (1999-2007-2012) Réalisée en aluminium polychrome, la sculpture représente une bouée en forme de homard suspendue par une chaîne d’acier de 145 cm de long.

2000 : « Split Rocker »  Cette tête géante mi-dinosaure mi-poney mesure douze mètres de haut et pèse onze tonnes. Inspirée d’un jouet enfantin, un cheval à bascule, « Split Rocker » est recouvert de fleurs fraîches, 90 000 pétunias et géraniums (dans des pots) arrosés automatiquement par un système interne. Comme le Puppy de Bilbao, il s’agit d’une sculpture vivante, changeant de couleurs avec la floraison.

2003 : « Popeye »

« Popeye traite de l’image du ‘je suis ce que je suis’. Une espèce de symbole d’auto-acceptation que nous devons assumer pour accepter ce que nous sommes. Popeye a ses épinards. Les épinards lui confèrent sa transcendance et son pouvoir. C’est ça, l’art. Nos épinards sont l’art. » Jeff Koons.

2004 : « Balloon swan » à partir d’un simple ballon baudruche en forme de cygne, Jeff Koons réalise Balloon swan. L’œuvre originale est une sculpture monumentale de plus de trois mètres de haut, en acier inoxydable, poli miroir, recouvert d’un vernis transparent. L’œuvre fait allusion à la dimension ludique de l’enfance tandis que la surface réfléchissante exprime le désir et le consentement.

2004 : « Hulk Elvis »

« La série de Hulk Elvis touche au viscéral, mais connecte aussi avec les individus à travers les références à l’histoire de l’art ». Jeff Koons.

Dans cette nouvelle série entamée par Koons en 2004, la pose de l’ « incroyable Hulk » nous renvoie à l’image d’Elvis Presley dans la publicité du western Les Rôdeurs de la plaine. Cette image est l’une des plus connues du chanteur, grâce aux sérigraphies d’Andy Warhol. Koons convertit la figure du rude super-héros en une version gonflable en bronze, qu’il complète d’objets réels, configurant ainsi un readymade transformé. Koons se plonge dans un processus de recherche ardu sur les techniques de scanner en trois dimensions pour créer des répliques d’objets iconiques de l’histoire.

2008 : Balloon Flower (yellow)

2008 : Inauguration au palais de Versailles (France) de la première exposition jamais consacrée à un artiste vivant : Jeff Koons : Versailles, avec diverses installations de ses pièces dans les Grands Appartements royaux.

2009 : « Antiquity »

Dans Antiquité, Jeff Koons révise les thèmes de la fertilité, de la beauté féminine et de l’énergie vitale qui se sont imposés tout au long de l’histoire. Dans cette série commencée en 2008, on retrouve des sculptures représentant des déesses préhistoriques ou gréco-romaines, ainsi que des peintures d’un type de beauté féminine plus contemporaine, caractéristique du réalisme photographique, comme celui de l’actrice Gretchen Mol incarnant la célèbre pin-up Bettie Page. Dans ces œuvres, Koons associe sa production à des icônes de l’histoire de l’art et continue d’explorer la complexité et l’évolution de reproductions et simulations d’objets culturels dans l’art. Ses sculptures reproduisent par exemple des statuettes, comme la copie du XIXe siècle en porcelaine de la Venus Calipigia romaine, du Musée Archéologique de Naples – à son tour copie d’une œuvre grecque antérieure -, que Koons transforma en sa colossale Vénus métallique (Metallic Venus) en acier inoxydable bleu turquoise. Dans la même ligne, les peintures de Koons, dans lesquelles il juxtapose des déesses contemporaines, des satyres et des beautés classiques, évoquent d’importantes œuvres de l’histoire de l’art.

« Balloon Venus », quant à elle, fait fusionner le vocabulaire plastique de l’artiste avec les formes archaïques de la célèbre statuette paléolithique dite vénus de Willendorf.

2013 : « Gazing Ball sculptures »

« Ce qu’il y avait de beau dans cette œuvre, c’était l’accessibilité de la boule : cette boule réfléchissante que tant de gens ont dans leurs jardins comme symbole de générosité envers leurs voisins. Mais quand on la regarde, on sent cette transcendance : la boule se convertit en tout, comme un dialogue immense sur les individus qui ne veulent pas seulement la transcendance pour eux, mais pour la communauté et cherchent les possibilités qui existent pour l’être humain ». Jeff Koons

Cette série, commencée en 2013, reçoit le nom des boules de cristal qui ornent souvent les jardins des maisons aux États-Unis. Originellement installées dans les jardins victoriens, ces boules sont devenues des éléments de décoration courants dans de nombreux foyers nord-américains ; elles souhaitent la bienvenue aux voisins tout en « activant » sur leur surface le paysage environnant. Les boules bleues et brillantes de Koons, réalisées en verre soufflé artisanal, captent notre attention et reflètent l’observateur et ce qui se passe autour de lui, du haut de leurs piédestaux en plâtre. Les figures et objets en plâtre blanc immaculé des œuvres d’art gréco-romaines, se convertissent en simples contenants ou scènes pour les boules même si, dans certains cas, ils représentent des personnages puissants et importants, comme l’Hercule Farnèse. Ces plâtres, répliques exactes jusqu’au moindre détail de leur prototype, sont opaques et statiques mais distillent en même temps une perfection surnaturelle.

2014 : Inauguration de la plus importante rétrospective de son œuvre au Whitney Museum of American Art de New York, qui sera ensuite présentée au Centre Georges-Pompidou Beaubourg (Paris).

2015 : Rétrospective  au Musée Guggenheim-Bilbao.

2016 : Gazing Ball  (Bottlerack)

2017-2021 : Gazing Ball Paintings

Le printemps de Botticelli, Jeune fille allongée de Boucher, Le sommeil de Courbet, La Joconde de Léonard de Vinci, Les Sabines de David, L’enlèvement d’Europe de Vos Rape, Le déshabillage du Christ Le Gréco, Terre délicieuse de Gauguin, Le Radeau de la Méduse de Géricault, Le baiser de Judas de Giotto, La famille de Charles IV de Goya, Le déjeuner sur l’herbe de Manet, Olympia de Manet, Les Nymphéas de Monet…

2017 : « Seated Ballerina »

« Je pense que quand les gens verront la danseuse assise, ils auront le sentiment d’un potentiel, un sentiment d’avenir et d’optimisme et ils pourront ressentir quelque chose pour leur propre vie ou celles de leurs enfants » Jeff Koons.

2019 : Le 4 octobre 2019 est inauguré Le Bouquet de Tulipes. Offertes à la ville de Paris en mémoire des victimes des attentats du Bataclan, ces fleurs colorées font plus de 11 mètres de haut. 11,66 m de haut avec le socle, 8,30 m de large et 10,1 m de profondeur, soit près de 33 tonnes de bronze polychrome et d’acier.

Créée et offerte par l’artiste en souvenir et en soutien aux parisiens après les attentats de 2015, l’œuvre monumentale de 12 mètres, installée aux abords du Petit Palais, représente une main tenant un bouquet de onze tulipes multicolores, en aluminium polychrome. Imaginée comme un « symbole de souvenir, d’optimisme et de rétablissement », Bouquet of Tulips symbolise l’acte d’offrir, représenté́ par la main tendue brandissant un bouquet de fleurs colorées, fidèle au style très pop de l’artiste. Elle suggère à la fois la main de la Statue de la Liberté́ brandissant sa torche, mais aussi, s’inscrit plus largement en référence à l’histoire de l’art, en évoquant notamment l’œuvre de Pablo Picasso, La femme au vase. Symbole d’optimisme, Les fleurs sont ici comme universellement liées à la renaissance, à la vitalité́ de la nature et au cycle de vie.

 « J’avais pris une photo d’une main offrant un bouquet, il y a longtemps. J’aimais sa signification, j’ai pensé que cela ferait une sculpture appropriée avec ses tulipes gonflables. Pour moi, c’est le symbole du don inconditionnel, de l’accord profond. En même temps, la connexion est très directe avec la Statue de la Liberté. Même position. Échelle un peu plus grande. » Jeff Koons

« J’aime que la main – une main de femme, plutôt d’une jeune femme – soit naturelle dans son rendu. J’aime qu’elle soit ni trop jeune ni trop vieille, qu’elle parle ainsi d’avenir, qu’elle soit gaie par sa dimension et donc optimiste en elle-même. Les tulipes sont gonflables mais la main est naturelle, le tout est un signe extérieur de confiance et d’entente, d’amour même. » Jeff Koons

Le site de Jeff Koons :

http://www.jeffkoons.com/artwork/

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