« L’avantage avec les animaux, c’est qu’ils t’aiment sans te poser de questions » (Lo bueno de los animales, es que tu quieren sin preguntar nada » de Rodrigo García (2003)

Trois personnages (L’un Carlos vient d’apprendre à 36 ans qu’il a un cancer) devisent de la vie et de la mort. Dans une mauvaise blague, qui fait pourtant bien rire, le médecin annonce à Carlos une bonne et une mauvaise nouvelle ; la mauvaise, c’est qu’il a un cancer ; la bonne, c’est que le médecin se tape son infirmière… Les trois personnages discutent du langage. Que signifie : « Tomber malade » ? Que-ce que la maladie ? Qu’est-ce que guérir ? Hospitalisé à la « clinique de Mon Cul », Carlos y a laissé « le respect et la dignité ». Ceux qui sortent vivants de l’hôpital oublient trop facilement, ils n’ont pas de reconnaissance envers le personnel hospitalier. Le patient a le temps de réfléchir : on est seul dans les mauvais moments, mais on était déjà seul dans les bons. Carlos a un chien de trois mois, mais il n’aime pas jouer avec. Alors, il le jette dans la rivière. A l’article de la mort, Carlos s’insurge contre les réponses-bateaux apportées à certains questionnaires, du type : « Moi, ma meilleure qualité est que mes amis peuvent toujours compter sur moi », alors qu’il s’agit du minimum que l’on peut attendre de n’importe qui. Lorsque tu viens de perdre ta meilleure amie, les pompes funèbres t’appellent pour savoir quelle inscription tu veux mettre sur la couronne funéraire… Les funérailles sont des cirques, des cérémonies de pacotille. Les vies de couple sont généralement des supercheries. Les supercheries sont partout. A la Fnac, tu trouves trente-six manuels sur l’éducation des différentes catégories de chiens, les boxers, les bull-dogs…, tu ne trouves aucun manuel sur l’éducation des différentes catégories de bébés. Par exemple, le petit bébé arabe, ce serait bien qu’il sache ce qui l’attend… Les meilleurs moyens de tuer un chien ou un enfant sont identiques : il suffit de lancer un ballon juste avant le passage d’un camion. Depuis qu’il s’est tiré de son cancer, Carlos a envie de vivre d’une toute autre façon. Elena préfère les chiens aux hommes, parce que lorsque les chiens s’aperçoivent dans un miroir, ils aboient. Les trois amis se passent des diapositives de cimetières. Elena raconte qu’elle a préféré au chenil prendre un chien triste au milieu de six chiens joyeux. Mais depuis, elle sature de son chien. A l’hôpital, les médecins viennent de lui apprendre qu’ils ne peuvent pas opérer sa mère (elle aussi est hospitalisée). Alors, elle conseille aux médecins de congeler sa mère, de lui laisser le temps de faire ses études de médecine et dit qu’elle viendra opérer sa mère elle-même lorsqu’elle aura terminé. Elle hésite à abandonner son chien en forêt. A l’hôpital, l’infirmière vient réveiller sa mère malade à six heures du matin en lui criant : « Bonjour ». Pourquoi sa mère s’accroche-t-elle à la vie ? Quand elle lui rend visite, elle préfère lui dire : « Bonjour pauvre conne, tu n’as plus que 48 heures à vivre. » et elle se met à lire le journal à son chevet. Pour prier qu’elle reste en vie, elle veut aller mettre des cierges devant le Saint-Sébastien de Guido Reni au Prado, mais les gardiens du musée le lui interdisent. Ils craignent qu’elle mette le feu au musée. Elle aimerait emmener sa mère et son chien à la campagne, pour les abandonner. Elle ne veut pas laisser sa mère crever pendant des années au milieu des tubes et de la ferraille, entourée d’infirmières faussement attentionnées. Elle décide de sortir sa mère de l’hôpital sur un fauteuil roulant. Elle l’attache solidement sur sa moto. Pour être suivie par le chien, elle emporte 3 kg de viande. Elle stoppe la moto. Ils font neuf kilomètres à pied, ça dure quatorze heures. Les médecins disent qu’elle ne souffre pas, mais qu’est-ce que ça signifie ne pas souffrir quand tu vois défiler sous tes yeux tous ceux qui te rendent visite ? Une standardiste répond au téléphone : « Hôpital, bonsoir ». Elle répond : « Bonsoir salope ». Elle laisse sa mère enchaînée à un arbre avec Beethoven au magnétophone. Elle va mourir : « Anoblie par la solitude ». La nuit tombée, elle se tire avec la lampe électrique et le chien. Puis elle rentre chez elle pour lire des poèmes…

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