« Jardinage humain » (« Jardinería humana ») Rodrigo García (2003)

Par « Jardinage humain », Rodrigo García entend ce qui se sème chez les humains, mais aussi ce qui se récolte, ce qui s’amalgame et ce qui s’y brasse… Comme dans ses précédentes pièces, toujours avec le même ton « cynique » (« Lisez Diogène » énonce-t-il explicitement dans cette pièce), le narrateur-interprète fait montre de la même misanthropie envers ses prochains, dont il dénonce les mêmes travers : le vide affligeant de certaines conversations, l’irréductible inclinaison de certaines personnes à se mettre en avant, leur auto-centrisme, l’exploitation du tiers-monde, les impudiques inégalités de richesses, la cynophilie de certaines personnes non philanthropiques, l’humanitarisme d’apparat, la disneylandisation du monde, la transformation des villes en d’immenses centres commerciaux, la disparité de violence entre le « Nord » et le « Sud », la froideur, l’indifférence foncière des êtres humains entre eux, l’état de servitude volontaire ou involontaire de certains à l’égard d’autres personnes, l’état de servitude volontaire (bis) de certains hommes à l’égard des animaux, la scandaleuse existence des zoos, la surdité absolue de quelques-uns à l’égard de leurs prochains, l’existence invasive des sponsors et de la publicité (par conséquent de l’argent) dans l’univers du foot, la saine distinction entre les œuvres joyeuses et les œuvres de la désolation, la saine distinction (bis) entre la nature humaine et la nature animale, l’incapacité de certaines personnes à faire attention à ceux qu’ils aiment, d’un certain point de vue, le déclin de l’homme moderne au regard de l’homme primitif, l’inanité du journal, l’ennui du monde du travail, l’écologie comme posture, l’inattention des uns envers les autres, la préférence d’un univers machiniste à un univers humain, la guigne pouvant accompagner ceux qui vont mal, la propension des artistes à aller mal et à faire tout à fond, la polarité foncière des artistes qui oscillent entre la souffrance et la débauche. Des inventaires concluent la pièce : une suite de suppliques burlesques, une suite de verbes et une liste de bourreaux…

Vidéo :

https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Jardineria-humana/videos

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