« Julie (en 12 chapitres) » de Joachim Trier (2021)

Julie rencontre un garçon. Ils sont très attirés l’un par l’autre. Ils se courtisent. Lors de ces expériences de drague, tout est permis. Elle est très troublée. Elle est amoureuse de lui. Il est très amoureux d’elle. Il la fascine. D’un certain point de vue, il lui « ressemble »… : le désir d’insouciance par exemple, le plaisir du jeu, le rejet de la reproduction. Au terme d’une nuit blanche, ils se séparent. Ils ne connaissent pas leurs noms réciproques. Ils ne savent rien l’un de l’autre, sauf qu’ils sont l’un et l’autre déjà engagés ailleurs… Il s’agit d’une attirance physique, instinctive, charnelle. Un début de ressemblance suffit-t-il ? Qu’est-ce qui fait couple ?

Et d’ailleurs, le bonheur est-il dans la vie sentimentale et amoureuse ? Au démarrage du film, la caméra, portée à l’épaule, est très nerveuse (à l’instar de la musique). Plus le film avance, plus les images ralentissent, deviennent lourdes, fixes, silencieuses (quand il n’y a plus de mots…), suspendues…

Julie est radieuse. Après un démarrage dans la plus grande insouciance, Julie poursuit son chemin dans tous les sens, elle se cherche, la vie la rattrape. Elle nous rappelle (la vie) qu’elle n’est pas drôle, vraiment. Comment va se construire Julie ? A quelles études, à quel métier va-t-elle se consacrer ? Avec qui va-t-elle rester ?  A l’ère de MeToo, à cette époque de lutte contre la société patriarcale et contre la domination masculine, comment une jeune femme de trente ans, ayant la rage de vivre, de découvrir, de tester, de sonder, de chercher, va-t-elle se construire ? Autour d’elle, Julie a des « exemples » : sa mère, son père, différents amoureux, dont l’un est âgé qu’elle. Veut-elle suivre ces exemples ? Si son amoureux d’âge mûr sait où il se situe, Julie ne le sait pas. Pendant longtemps, Julie veut rester dans cette indétermination, dans cette indécision, dans cette apesanteur, dans cette volatilité. Avec les amis rangés de son amoureux, ça fait des étincelles… Que veut Julie ? Quel est le désir féminin ? Quelle est la place du désir féminin dans cet environnement où règne le désir masculin ? Quel rapport Julie veut-elle avoir avec le monde adulte ? Ou plutôt, quelle sorte d’adulte veut-elle construire et devenir ? En quête de toutes ces réponses, Julie n’hésite pas à errer, à explorer, à tout tenter, à avoir mal, très mal, et à faire mal, s’il le faut.

La vie fait mal. Julie veut rester en lévitation, le pourra-t-elle ? Comment se déroulera l’atterrissage ?

Tout l’horizon du film gravite autour de la question du couple. Le couple, qui peut connaître la joie, l’amour, le sexe, la vie, la mort, etc., aujourd’hui, qu’est-ce que c’est ? Julie essaie d’y répondre en 12 chapitres…

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