« Pleasure » de Ninja Thyberg (2021)

Pleasure de Ninja Thyberg montre l’envers de la caméra de l’industrie pornographique, sommet de la domination masculine et de l’exploitation sexuelle des femmes pour le plaisir quasi exclusif des hommes. Sans surprise dans ce film, toutes les personnes qui s’occupent de cette industrie, en dehors des maquilleuses, sont à 99 % des hommes, pour 90 % de consommateurs masculins (une dimension qui n’est pas du tout traitée dans le film) 99 % des hommes donc : les réalisateurs, les producteurs, les agents, les caméramans, les photographes… sans compter les acteurs. Mais il y a également un background, un revers non-dit du film de Ninja Thyberg, la réalisatrice-femme, il faut le souligner, un film qui ne peut pas être regardé autrement que comme un réquisitoire contre l’industrie pornographique (dans une interview, la réalisatrice du film rappelle que 80 millions de personnes par jour dans le monde, ultra-majoritairement masculines, se connectent aux principaux sites pornographiques), et ce revers, ce non-dit, ce background du film de  Ninja Thyberg, à travers lequel on suit une jeune actrice novice, tout droit débarquée de son pays la Suède, venue pour participer à ce business au sein de ce temple du sexe mondial que constitue Los Angeles, la question non-dite ou non posée, si on préfère, c’est la raison pour laquelle cette jeune femme, novice au début du film et dont on va suivre l’ascension dans l’industrie du porno, accepte de rentrer à l’intérieur de cette industrie et de se soumettre aux lois ultra-dominatrices de ce milieu où règne toute une série de règles ayant pour seul but de lui donner un semblant de respectabilité : la demande de consentement des actrices, l’extrême courtoisie de façade des équipes réalisatrices, la bise ou les formules de politesse entre les interprètes et avec les réalisateurs et les techniciens, les règlements intérieurs des tournages, la possibilité fallacieuse des actrices de pouvoir se dédire, de faire marche arrière, ou de se retirer à tout moment. Et ce background au film, ce non-dit, en dehors de la présence massive des consommateurs derrière l’œil de la caméra, quel est-il ? Nous suivons ces filles dans les strates hyper-hiérarchisées de cette industrie, des salons les plus confidentiels à l’entame du film, aux temples, aux villas luxueuses, aux salons du sexe les plus cossus du Texas, où domine de façon éclatante cet instrument massif qui seul peut expliquer, peut-être, les motivations des actrices ? Pourquoi Bella, le personnage principal du film, débarque-t-elle de son pays, la Suède, pour s’adonner au « plaisir » ? L’apprendra-t-on ou bien le « mystère » restera-t-il entier ? Dans tous les cas, les phénomènes sévissant dans cette industrie du sexe sont exactement les mêmes que ceux qui sanctionnent (sanctionnaient désormais que les proxénètes ont disparu ?) l’univers de la prostitution. Ce background, ce non-dit c’est… le pouvoir de l’argent…

Un film peut-il provoquer un choc ? Quoi qu’on en dise, le film de Ninja Thyberg fait subir un traitement de choc aux spectateurs du début à la fin…

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