« Vivre dans le feu » (confessions) Marina Tsvetaeva (écrits 1892-1941)

Dans sa préface, Tzvetan Todorov écrit :  « Le grand écrivain formule certes de beaux vers, produit des ouvrages saisissants, raconte des histoires envoûtantes, mais il a une ambition plus haute : penser intensément et dire – dans l’urgence – le vrai. » Un mot semble désigner l’état d’esprit qui caractérise en permanence la poétesse : l’incandescence. Pourquoi le feu ? … Continuer la lecture de « Vivre dans le feu » (confessions) Marina Tsvetaeva (écrits 1892-1941)

« Œuvres » Antonin Artaud (1921 à 1948)

« Correspondance avec Jacques Rivière ». En 1923, Antonin Artaud envoie au directeur de la NRF quelques poèmes pour publication. Celui-ci les refuse mais propose de publier les lettres qu’ils échangent au travers desquelles Artaud décrit au fil de pages fulgurantes l’effroyable maladie qui affecte son esprit et l’effondrement littéral qui détruit sa pensée dès qu’il tente … Continuer la lecture de « Œuvres » Antonin Artaud (1921 à 1948)

« Journal » de Franz Kafka (1937)

Juste quelques feuilles... « J’écris par le désespoir que me cause mon corps » / « Après cinq mois de ma vie pendant lesquels je n’ai rien pu écrire dont je fusse satisfait… » « Mon incapacité d’écrire » «  Il me semblait vraiment que je fusse sur le dernier degré de mon échelle… » / « Je suis comme ma propre pierre … Continuer la lecture de « Journal » de Franz Kafka (1937)

« La préparation du roman », Roland Barthes (cours au Collège de France 1978-1979 et 1979-1980)

Roland Barthes consacre 700 pages à parler d’un livre qu’il n’a jamais écrit... Il s’agit de la retranscription d’un cours qu’il a donné au Collège de France de 1978 à 1980 (jusqu’à la veille de sa mort accidentelle). Résumé : Écrire, c’est l’histoire du grand projet de Roland Barthes : d’un côté écrire, de l’autre, enseigner. Dans … Continuer la lecture de « La préparation du roman », Roland Barthes (cours au Collège de France 1978-1979 et 1979-1980)

« Sexus » Henry Miller (1949)

Lorsque le personnage peu recommandable de Cal dans « Combat de nègre et de chiens » de Bernard-Marie Koltès parle des livres qu’il lit, c’est avec la littérature d’Henry Miller (entre autres) qu’il espère attirer Léone dans sa caravane. Il faut passer outre (certainement) la misogynie (supposée) de Miller. Avant tout, Henry Miller, c’est une langue, un … Continuer la lecture de « Sexus » Henry Miller (1949)

« Tropique du Cancer », Henry Miller (1934)

Le monde est un cancer qui se dévore lui-même. Que fait le narrateur d’Henry Miller pendant ce temps ? Il écrit un livre. Non un livre, mais un libelle, une insulte, une diffamation jetée à la face du monde. Qu’est-ce que son livre ? Comme il le dit lui-même : des impressions, des souvenirs, des descriptions sans queue … Continuer la lecture de « Tropique du Cancer », Henry Miller (1934)

« Proust, entre littérature et philosophie », Pierre Macherey (2013)

Un article de Proust contre l’obscurité mène une charge contre la poésie symboliste et hermétique de son époque. Proust : « Les poèmes qui devraient être de vivants symboles ne sont que froides allégories. » Proust : « Ce n'est pas par une méthode philosophique que Macbeth est, à sa manière, une philosophie. Le fond d'une telle œuvre, comme … Continuer la lecture de « Proust, entre littérature et philosophie », Pierre Macherey (2013)

« L’établi » Robert Linhart (1978)

Le monde du travail à la chaîne et le mouvement de grève sont décrits de manière concise, factuelle et quasi-chirurgicale. « L’établi » s’ouvre sur une description prodigieuse de la chaîne et crée d’incroyables analogies entre le monde du travail tayloriste au sein d’une entreprise néolibérale et la vie en camp de travail, voire en camp de … Continuer la lecture de « L’établi » Robert Linhart (1978)

« L’ère du soupçon » (1950), « Flaubert le précurseur » (1965), Nathalie Sarraute

« L’ère du soupçon » (1950) Le roman n’est pas une histoire où l’on voit agir et vivre des personnages, mais l’exploration de cette matière trouble et grouillante qu’est la réalité des relations humaines. C’est la vie intérieure qu’il faut explorer, et ne pas faire un roman d’analyse. Joyce, Proust, Freud ont entrevu le foisonnement infini de … Continuer la lecture de « L’ère du soupçon » (1950), « Flaubert le précurseur » (1965), Nathalie Sarraute

« Disent les imbéciles » Nathalie Sarraute (1976)

On ne parvient plus à savoir à qui appartiennent les voix... Au début du roman, on retrouve une scène de dispute familiale relative au comportement et aux mots qu'il convient d'avoir à l’égard d’une grand-mère et aux gestes que l’on peut ou non lui prodiguer : « Elle est mignonne... », mais ensuite le roman s’élargit à travers des … Continuer la lecture de « Disent les imbéciles » Nathalie Sarraute (1976)