« Sexus » Henry Miller (1949)

Lorsque le personnage peu recommandable de Cal dans « Combat de nègre et de chiens » de Bernard-Marie Koltès parle des livres qu’il lit, c’est avec la littérature d’Henry Miller (entre autres) qu’il espère attirer Léone dans sa caravane. Il faut passer outre (certainement) la misogynie (supposée) de Miller. Avant tout, Henry Miller, c’est une langue, un … Continuer la lecture de « Sexus » Henry Miller (1949)

« Tropique du Cancer », Henry Miller (1934)

Le monde est un cancer qui se dévore lui-même. Que fait le narrateur d’Henry Miller pendant ce temps ? Il écrit un livre. Non un livre, mais un libelle, une insulte, une diffamation jetée à la face du monde. Qu’est-ce que son livre ? Comme il le dit lui-même : des impressions, des souvenirs, des descriptions sans queue … Continuer la lecture de « Tropique du Cancer », Henry Miller (1934)

« Proust, entre littérature et philosophie », Pierre Macherey (2013)

Un article de Proust contre l’obscurité mène une charge contre la poésie symboliste et hermétique de son époque. Proust : « Les poèmes qui devraient être de vivants symboles ne sont que froides allégories. » Proust : « Ce n'est pas par une méthode philosophique que Macbeth est, à sa manière, une philosophie. Le fond d'une telle œuvre, comme … Continuer la lecture de « Proust, entre littérature et philosophie », Pierre Macherey (2013)

« L’établi » Robert Linhart (1978)

Le monde du travail à la chaîne et le mouvement de grève sont décrits de manière concise, factuelle et quasi-chirurgicale. « L’établi » s’ouvre sur une description prodigieuse de la chaîne et crée d’incroyables analogies entre le monde du travail tayloriste au sein d’une entreprise néolibérale et la vie en camp de travail, voire en camp de … Continuer la lecture de « L’établi » Robert Linhart (1978)

« L’ère du soupçon » (1950), « Flaubert le précurseur » (1965), Nathalie Sarraute

« L’ère du soupçon » (1950) Le roman n’est pas une histoire où l’on voit agir et vivre des personnages, mais l’exploration de cette matière trouble et grouillante qu’est la réalité des relations humaines. C’est la vie intérieure qu’il faut explorer, et ne pas faire un roman d’analyse. Joyce, Proust, Freud ont entrevu le foisonnement infini de … Continuer la lecture de « L’ère du soupçon » (1950), « Flaubert le précurseur » (1965), Nathalie Sarraute

« Disent les imbéciles » Nathalie Sarraute (1976)

On ne parvient plus à savoir à qui appartiennent les voix... Au début du roman, on retrouve une scène de dispute familiale relative au comportement et aux mots qu'il convient d'avoir à l’égard d’une grand-mère et aux gestes que l’on peut ou non lui prodiguer : « Elle est mignonne... », mais ensuite le roman s’élargit à travers des … Continuer la lecture de « Disent les imbéciles » Nathalie Sarraute (1976)

« Vous les entendez ? » Nathalie Sarraute (1972)

Un père entend les rires frais de ses enfants adolescents qui s’amusent. Ces jeunes gens ont des crises de fous rires innocents, mutins, malicieux.  Ils s’esclaffent pour des riens. De longs « rires bêtes », on dit parfois. Les jeunes sont montés à l’étage. Le père est assis au salon avec un ami, un voisin en visite. … Continuer la lecture de « Vous les entendez ? » Nathalie Sarraute (1972)

 « Entre la vie et la mort » Nathalie Sarraute (1968)

Un écrivain et sa femme conversent au sujet des affres de la création. La population se divise en deux catégories : ceux qui ont quelque chose à dire (les artistes), ceux qui n’ont rien à dire (les prétendus autres). Qu’est-ce qui distingue les artistes des autres ? Pourquoi devient-on artiste ? Le couple cherche à percer ce miracle, … Continuer la lecture de  « Entre la vie et la mort » Nathalie Sarraute (1968)

« Les Fruits d’or » Nathalie Sarraute (1963)

Deux personnes (un homme et une femme) se disputent au sujet d’une troisième qui sollicite leur approbation et la reconnaissance artistique. Puisque tout le monde se pâme en admiration devant les œuvres et l’exposition de Gustave Courbet, un des personnages, l’homme, s’y montre hostile et refuse de participer à ce concert de louanges. Cet homme … Continuer la lecture de « Les Fruits d’or » Nathalie Sarraute (1963)

« Le planétarium » Nathalie Sarraute (1959)

La narratrice se dispute avec les ouvriers parce que ceux-ci ont mis n’importe quelle poignée sur une porte ovale en chaîne massif, allégorie de la création et du travail d’écriture. Les ouvriers ont mis une horrible poignée en nickel blanc quand il aurait fallu une belle poignée en cuivre.  Cette faute de goût démolit et … Continuer la lecture de « Le planétarium » Nathalie Sarraute (1959)