« Volia Panic » Alexis Forestier, compagnie les endimanchés (2019)

« Ne croyez pas que ma place soit chez les fous » dixit un personnage de « Volia Panic »…

N’attendez-pas d’Alexis Forestier qu’il raconte une histoire bien ficelée, conventionnelle,  naturaliste ou réaliste, avec des personnages bien convenus et une intrigue bien commune. N’attendez-pas non plus qu’il produise un théâtre épique ou antique d’aujourd’hui… A l’instar de son dernier opus relatant à la fois l’histoire de la révolution russe, la conquête spatiale, le vol de la première chienne puis du premier homme dans l’espace, la course à l’armement, avec l’appui d’ouvrages d’auteurs aussi exotiques que Nicolaï Fiedorov (Philosophie de la tâche commune ou Œuvre commune), Gérard Conio (Le cosmisme russe), Pierre Kropotkine, Nestor Makhno, ou de scientifiques comme Edouardovitch Tsiolkosky… Alexis Forestier n’est pas metteur en scène, réalisateur ou fabricateur d’histoires (il s’en contrefiche) ; parmi d’autres, il est créateur (de fond en comble) de la scène. A l’image de ses pièces, « avatar de Youri Gargarine », il est à-côté. Ailleurs.

Sur scène, nouveau monde industriel mécanisé, on retrouve le bric-à-brac, le « théâtre de foire », les machineries improbables, les instruments musicaux mêlés aux accessoires, qu’il affectionne tant.

Son théâtre est d’installation (et de désinstallation) d’objets. Durant toute la représentation, les machines sont maniées, manipulées. La scène grouille d’agissements. Cheminées, tableaux, panneaux, fusées, ampoules géantes, outils, arcs en fer ou en acier, plaques virevoltantes comme pales de moulin, récipients, abat-jours en toile de jute, plaques de plexiglas, bâches transparentes, satellites, missiles, animaux empaillés, costumes d’ours, rails, coudes en acier… Tandis que le spectacle dévide ses flots de chants, de paroles, d’instants musicaux électro-rocks, les actants scéniques montent, démontent, font, défont et refont, des dizaines et des dizaines d’accessoires (ils soudent même), ils simulent également un vol dans l’espace ou le décollage d’une fusée ! dans le même temps que le texte évoque le désir de : « libérer l’homme du rapport à la matière » ou qu’il désigne « la conscience de l’homme se faisant matière consciente ! »…

Tour à tour assemblée de paysans, d’ouvriers en bleus de travail, de cosmonautes, énonciateurs de paroles (de chants) aux allures de manifeste pour une philosophie de l’œuvre commune, de conférence sur le Cosmos, de réquisitoire contre le progrès (« Le progrès est la production de choses mortes »), de plaidoirie pour la vie à la campagne contre la vie citadine (« Car la ville mange les sons »), de plaidoyer pour la sauvegarde de la planète, œuvre d’utopie théâtrale, tentative scénique de la révolution communiste ! « œuvre commune en acte ! », son théâtre est aussi concert électro-rock (« Il faut se ruer vers les sons ! »), lieu d’artisanat « vers une nourriture sonore », jusqu’à la saturation, jusqu’à l’hystérie (Pourquoi pas ? Il faut également ce courage-là)…

Puisque en priorité chez Alexis Forestier la révolution est sonore…

http://lesendimanches.fr/

Conception : Alexis Forestier et Itto Mehdaoui / Mise en scène : Alexis Forestier / En hommage à Jean-Paul Curnier / Interprétation : Alexis Forestier, Itto Mehdaoui, Christophe Lenté, Jean-François Favreau, Barnabé Perrotey, Alexis Auffray et Perrine Cado / Création musicale : Alexis Auffray, Alexis Forestier, Christophe Lenté, Itto Mehdaoui / Lumière et vidéo : Perrine Cado / Régie son : Nicolas Lejonc / Écriture et montage des textes : Samuel Eymard, Alexis Forestier, Itto Mehdaoui / Capsules filmiques : avec la voix d’André Robillard, réalisation : Obscure / Administration : Antoine Lenoble / Diffusion : Mickaël Le Bouëdec

Production : compagnie les endimanchés / Coproduction : Théâtre Dijon Bourgogne, CDN ; Les 2 Scènes, Scène nationale de Besançon / Aide à la production : région Bourgogne – Franche-Comté ; Spedidam / Soutien : résidences de création aux 2 Scènes, Scène nationale de Besançon dans le cadre du projet Interreg LaB e23 et au Théâtre Dijon Bourgogne, CDN en tant qu’artiste associé / Soutien compagnie les endimanchés : ministère de la Culture – Drac Bourgogne-Franche-Comté ; Département de la Côte d’Or ©CNES / Perrine Gamot

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